La promotion-relégation en Amérique du Nord? Non, mais…

L’heure de la promotion-relégation est-elle venue? Avec les envies gourmandes de Don Garber à la tête de la MLS, qui croit que sa ligue pourrait comprendre jusqu’à 40 équipes, les assises de plus en plus solides de la NASL et les records d’assistance dans certains marchés en USL, le sujet de la promotion-relégation en Amérique du Nord devient de plus en chaud. Déjà, on voit poindre dans des stades ça et là des bannières réclamant que la fédération américaine impose un système permettant le passage d’un niveau à un autre selon les résultats sportifs.

Si le bon vieux système promotion-relégation un tantinet romantique laissant croire que les plus grands honneurs sont à la portée de tous soit dans l’absolu le système parfait, il n’en demeure pas moins qu’il est aussi gravement d’une autre époque. L’avenue du « foot moderne », axé sur les revenus plus que sur les résultats sportifs, a lourdement endommagé la mécanique qui fait fonctionner la machine. Si à une certaine époque, le fait d’accéder à la première division, ou au palier suivant, était à la fois objectif absolu et source de la plus grande joie, de nos jours, bien des clubs se demandent s’il ne serait pas plus sage, pour garantir leur avenir, de faire du sur place. Souvent, la « montée » devient synonyme de fardeau administratif et de pressions financières énormes. Ultimement, une promotion peut parfois même causer la chute d’un club. Parlez-en au Luzenac Ariège Pyrénées

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En Amérique du Nord, le tableau est différent, car la promotion-relégation n’existe pas. Un système peut donc être créé de toutes pièces pour éviter ce genre de scénarios. Cependant, le soccer reste fragile chez nos voisins du Sud. N’oublions pas que des clubs en apparence solides ont déjà chuté lourdement. Enchaînant les succès domestiques vers la fin des années 1990 et le début des années 2000, les Rhinos de Rochester étaient, grâce à leur projet de stade qui faisait des envieux, premiers de classe pour un éventuel saut en MLS. Quelques années plus tard, ils s’auto-reléguaient en division 3… Plus récemment, les Cleveland City Stars, qui grâce à de solides succès sportifs attiraient de belles petites foules en plein centre-ville de Cleveland pendant leurs deux saisons en USL-2, ont eu la mauvaise idée de monter en USL-1, étant obligés en raison des règles de la ligue de déménager leurs pénates dans un stade de 5 000 places situé loin en banlieue. Chute des assistances, augmentation des frais, un petit tour et puis s’en vont… La morale? Même si un club est bien ancré dans le paysage ou connaît des débuts fulgurants, l’équilibre est très souvent précaire dans le soccer nord-américain.

Certes, le soccer a fait un bond en avant dans les dernières années et les clubs de NASL (D2) sont plus solides qu’ils n’étaient. Cependant, cela ne veut rien dire. Un système de promotion-relégation pourrait avoir un effet contraire à celui recherché, sans compter le fouillis de devoir assurer le mélange de ligues « privées ». Notre sport se porte au mieux ces jours-ci. En fait, il a rarement été aussi fort. Profitons de son élan pour renforcer la structure avant de nous lancer dans sa réforme.

Bref, la promotion-relégation en Amérique du Nord, je dis non, pour le moment, mais… pour patienter, il existe selon moi une autre possibilité plus immédiate, mais restreinte, qui ferait bien du sens. Je vous en reparle bientôt.

Un commentaire

  1. […] je l’avais expliqué dans un précédent texte, la promotion-relégation en Amérique du Nord n’est pas souhaitable dans l’état actuel des […]

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