La promotion-relégation en Amérique du Nord? Non, mais… (2)

Comme je l’avais expliqué dans un précédent texte, la promotion-relégation en Amérique du Nord n’est pas souhaitable dans l’état actuel des choses. Cependant, en raison de la folie des grandeurs du commissaire de la MLS, un système de promotion-relégation en MLS ne serait pas une mauvaise idée pour assurer à long terme le dynamisme d’un championnat qui, il faut le reconnaître, pourrait perdre de son lustre en raison de l’augmentation soutenue du nombre de participants.J’ai imaginé une solution qui pourrait dynamiser la compétition et rehausser l’intérêt pour celle-ci.

Deux saisons en une
Premier piège à éviter : sombrer dans la simplicité du bon vieux système avec promus et relégués d’année en année. D’ailleurs, un des points clés des opposants à la promotion-relégation aux États-Unis est que les propriétaires qui ont payé une somme indécente pour faire partie de la MLS ne voudraient pas jouer ailleurs que dans la ligue au plus haut statut. Logique. Cependant, pour atteindre notre but, impossible de faire sans deux paliers distincts; un pour l’élite, un pour… l’élite B (disons-le comme ça). Pour atténuer la scission (vous comprendrez en poursuivant la lecture), on divise donc le championnat en deux phases, à la sauce latino-américaine : apertura et clausura (ou printemps et automne, comme en NASL). La première phase pourrait donc se dérouler de mars à juin et la seconde d’août à novembre. Deux fois quatre mois.

Deux classements
Ensuite, entrons dans les détails. Pour simplifier les explications, j’éviterai de tomber dans les détails du calendrier, question toujours inutilement complexe. Commençons avec 24 équipes. La MLS-1 compte 12 équipes, la MLS-2 également. Le championnat s’amorce et les équipes des deux divisions affrontent leurs adversaires versés dans la même division. À l’issue des quatre premiers mois d’activité, les deux premiers de MLS-2 montent en MLS-1, et les deux derniers de MLS-1 descendent en MLS-2. Une pause de trois semaines, et on recommence à partir de zéro. Si vous avez bien suivi, ça fait deux occasions par année de remonter en MLS-1. De quoi limiter les craintes des propriétaires opposants.

Et les séries?
En NASL, le champion du printemps affronte le champion d’automne dans la grande finale, le SoccerBowl. Même chose ici, mais uniquement pour les champions de MLS-1. Donc, un seul « champion » de la MLS Cup par année. Évidemment, si une équipe gagne deux fois la MLS-1, il faudra choisir le deuxième meilleur compétiteur pour aller en finale.

De prime abord, ce système semble en donner à tous : les amateurs de promotion-relégation sont servis, les férus de séries d’après saison ont leur grande finale et les opposants qui craignent la D2 comme la peste ont deux bouées de sauvetage plutôt qu’une. Par ailleurs, vu la courte durée d’une saison, chaque match et chaque point est important, comme une course aux séries perpétuelle. De plus, dans un tel système, un club en MLS-2 peut facilement, avec quelques renforts et en enfilant quelques grosses victoires, partir de D2 et aspirer aux grands honneurs durant la même année. Suffit de regarder la saison en cours actuellement : les Rapids du Colorado seraient en passe de remonter en MLS-1 et vu leur tenue actuelle, il ne serait pas farfelu de les imaginer jouer la tête de la MLS-1 à l’automne.

Ce n’est pas une solution parfaite, et ça n’aidera certainement pas à régler le dossier de la promotion-relégation avec les structures inférieures, mais si la MLS se jouait sous ce format, cela rehausserait la compétition. Avec des matchs à enjeu chaque semaine, le championnat serait hautement compétitif et le niveau global progresserait probablement plus rapidement.

Et vous, qu’en pensez-vous?