Portrait des quarts de finale de l’Euro 2016

L’image se précise après ces huitièmes de finale parfois mornes, parfois endiablés. Chose certaine, les équipes ont obtenu leur billet pour les quarts ne l’ont pas volé. À partir de maintenant, la porte sera ouverte à ceux qui veulent le plus la franchir. Voici le portrait des quarts de finale.

Pologne-Portugal (30 juin)
Issue de son match de huitième de finale par la dernière option possible (les cruels penaltys), la Pologne n’a encore impressionné personne, mais a eu le mérite de bien défendre contre des Suisses qui n’ont eu d’autre choix que se fier à un coup de génie de Shaquiri pour égaliser. Du côté du Portugal, on a prévalu au bout du bout de l’ennui, en marquant en contre à la 117e minute. Bien des détracteurs pointent le Portugal en riant, mais ils oublient que si la bande à Cristiano n’a cadré que deux fois dans le match (durant le contre menant au but), elle n’a aussi pas accordé le moindre tir cadré à la Croatie, que certains louangeaient après la phase de groupes. Duel défensif à prévoir?

Pays de Galles-Belgique (1er juillet)
Quel est le seul adversaire que la Belgique n’a pas réussi à battre pendant les qualifications de l’Euro? Le Pays de Galles! Quelle équipe a été la seule à battre la Belgique durant les qualifications de l’Euro? Le Pays de Galles! Quelle est la seule équipe contre laquelle la Belgique n’a pas marqué le moindre but en qualifications de l’Euro? Les satanés Gallois! Eh oui. La troupe de Marc Wilmots s’est payé un beau 1 sur 6 face aux Gallois en qualifications. Cependant, la dynamique a beaucoup changé. Face à la Hongrie, Eden Hazard, habituellement bien calme en équipe nationale, a explosé. C’était le match que toute la Belgique attendait du petit Eden. Déblocage qui arrive au meilleur moment possible. On sent les Diables rouges monter en puissance, mais vu le tableau de chasse gallois, la confiance doit être grande chez Bale et compagnie. Le choc des quarts?

Allemagne-Italie (2 juillet)
On salive déjà à l’idée de voir les simagrées de Conte le long de la ligne de touche dans ce match qui s’annonce comme une partie d’échecs. La squadra azzura a de nouveau sorti une grande performance face à l’Espagne, muselant l’extraterrestre Iniesta et, surtout, déployant pour une première fois de belles envolées offensives. L’Italie qu’on n’attendait pas et qui, contre vents et marées, montre clairement à tout le monde qu’elle le veut faire, qu’elle peut le faire. Côté allemand, on commence à monter en régime. Disposant facilement de la Slovaquie 3-0, les champions du monde ont rappelé à leurs potentiels adversaires qu’il ne fallait pas les oublier. Sauront-ils, contrairement aux Espagnols, multiplier les angles d’attaque pour faire tomber la muraille italienne? Reste à voir si Joachim Löw aura la main plus heureuse que baladeuse.

France-Islande (3 juillet)
Équipe surprise? Oui et non. Devant la folle épopée des Vikings islandais, les gens ont vite oublié qu’ils sont venus très près de se qualifier pour la Coupe du monde 2014, tombant aux mains de Croates en barrages. Et s’ils sont à l’Euro, c’est surtout parce qu’ils ont éliminé les Pays-Bas (alors les Anglais, hein, c’est pas le Pérou). Poursuivant leur fulgurante métamorphose amorcée il y a quelques années, les Islandais sont donc passés de ne faire peur à Persson à faire trembler les murs de Carcasson (pardonnez-moi). En face, la France, qui a encore dû travailler fort et longtemps pour surmonter un adversaire en apparence fort prenable. Les Bleus pourront-ils encore une fois être sauvés par un exploit individuel? Reste-t-il des tours dans les sacs de Payet et Griezmann? L’avantage de jouer à la maison pèsera-t-il fort dans la balance?

Quoi qu’il en soit, on a de très belles affiches en quarts, et on ne peut que se lécher les babines en songeant aux demi-finales que cela pourrait nous donner. Ça commence ce jeudi!