Crédit : Matthias Hangst-Getty Images Europe

Euro 2016 : L’ultime combat

L’Euro arrive à son terme avec au centre du ring les deux derniers combattants encore debout : le Portugal et la France. Dans l’ensemble, le tournoi n’aura pas déçu, offrant son lot de surprises et de belles histoires. En ce sens, la finale en est la représentation parfaite avec d’un côté, la surprise portugaise et de l’autre, la belle histoire française. Voici le portrait des deux équipes.

P… Po… Portu… Portugal
Oh que ça n’a pas été facile de se mettre en marche pour Cristiano et ses amis. Après un match nul contre l’Islande et sa supposée « petite mentalité », un nul soporifique contre l’Autriche, un micro jeté à l’eau et un (autre) nul, plus divertissant celui-là, contre la Hongrie, c’est comme meilleure troisième de son groupe que le Portugal s’est retrouvé en huitièmes face au gagnant du groupe B, la Croatie. Alors que la majorité des observateurs, séduits par la Croatie, donnaient peu cher de la peau des Portugais, ceux-ci se sont cachés pendant 117 minutes avant de sortir un double crochet du droit pour envoyer les Croates au tapis. En quarts, une autre prestation plutôt axée sur l’étude de l’adversaire que sur le combat corps à corps voyait les hommes de Fernando Santos l’emporter aux penaltys face à la Pologne. Finalement, en demi-finale, le Portugal a enfin offert une performance plus aboutie, sans être étincelante, remportant le bras de fer face à Gareth Bale et le Pays de Galles, égaré sans son manager du milieu de terrain Aaron Ramsey.

Le Portugal est une équipe qui a grandi tout au long du tournoi et qui, contrairement à ce que certains croient, défend beaucoup mieux qu’elle n’attaque. Malgré tout, elle ne dépend pas uniquement de Ronado quand vient le temps de cogner; Nani est de tous les bons coups, Sanches a prouvé la qualité de son jeu de pieds et Quaresma peut se lever du banc pour venir asséner le coup de grâce. Au pire, il y a toujours la prise du sommeil, spécialité portugaise du tournoi.

Allons enfants…
Si à la vue du jeu déployé en phase de groupe, on n’aurait jamais imaginé voir le Portugal en finale, pour la France, on sentait immédiatement le désir, cette grosse envie de vaincre et cette bonne étoile qui illuminait leur parcours. Après de durs combats remportés à l’arraché contre les Roumains et les Albanais, les Français ont buté sur une défense suisse qui n’avait rien du fromage de même nationalité. C’est tout de même comme premiers du groupe que les Bleus se retrouvent en huitièmes, où des Irlandais toujours prêts au combat de rue, mais limités techniquement, les attendent. Ceux-ci ne peuvent cependant résister à l’enchaînement rapide coup de tête et savate de Griezmann. En quarts, la France s’était préparée à repousser les assauts des Islandais, mais la tâche fut relativement facile, les Vikings ayant visiblement laissé beaucoup de forces dans leur campagne pour atteindre les quarts. Et puis, en demi, il y a eu les Allemands, avec leur puissance de frappe redoutable et leur défense impénétrable. Mais la France nous a offert une prestation défensive exemplaire, sa meilleure du tournoi, éliminant les angles d’attaque de la Mannschaft, qui s’est vite retrouvée sans solutions et avec nulle part où cogner. Deux uppercuts inattendus plus tard, l’Allemagne était KO.

De toute évidence, la France s’inscrit comme le grand favori de la finale. Dès l’entame du tournoi, on savait que les Bleus voulaient et pouvaient aller jusqu’au bout. La diversité de ses combinaisons offensives et, désormais, la solidité de son bloc défensif font en sorte que la France semble avoir atteint le sommet de son art au moment parfait. La marque des bons entraîneurs.

La table est mise pour l’ultime combat. On espère du spectacle, mais soyons réalistes : il risque d’y avoir trop peu d’espace sur le ring pour que le talent s’exprime et il est possible qu’on assiste plutôt à 12 rounds de « je te pousse, tu me retiens » dans les cordes. Espérons le contraire.