Crédit : Impact de Montréal

Montréal-Philadelphie : Trois constats sur l’Impact

Enfin! Ça faisait déjà un moment que les supporters attendaient une telle performance à domicile. En écrasant l’Union, l’Impact a pu respirer cette bouffée d’air frais dont il avait grandement besoin. S’agissait-il du match de référence tant attendu, notamment pour la paire Drogba-Piatti? Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) L’Impact a été très solide sur le plan tactique
Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu Montréal arriver avec un plan de jeu clair et une tactique bien adaptée à la situation. Le 4-2-3-1 habituel n’était qu’une façade, se transformant en 4-4-1-1 en phase défensive et en 4-1-3-2 en phase offensive. Dans ce fructueux dispositif, le jeu magistral de Patrice Bernier, tant pour diriger les opérations avec le ballon que pour placer ses coéquipiers en repositionnement défensif, a compté pour beaucoup. Offensivement, l’Impact a étouffé Philadelphie avec les incursions successives de Drogba, Piatti, Shipp et même Mallace dans l’axe. Seul petit bémol, la réticence de Salazar à se porter vers l’avant ou à venir mettre son grain de sel dans l’axe; il était visiblement concentré sur ses tâches défensives. Bref, l’Impact avait bien préparé son match et a su facilement museler son adversaire.

2) La prestation défensive était (presque) parfaite
Les cinq buts marqués par Drogba et compagnie attirent les projecteurs, mais l’Impact a surtout remporté le match grâce à une solide prestation défensive collective. L’entrejeu montréalais a fait preuve d’une belle agressivité en récupération et a totalement effacé les principaux pions adverses, déjà un peu essoufflés il faut le dire par leur duel de 120 minutes en U.S. Open Cup contre New England en cours de semaine. Barnetta, constamment mis sous pression, a été mauvais, Alberg inexistant, Pontius quasi inutile et Le Toux inhabituellement anonyme, lui qui fait généralement bien contre l’Impact. Au bout du compte, C.J. Sapong s’est retrouvé complètement isolé. La tâche défensive sous contrôle, il ne restait plus qu’à saisir l’adversaire à la gorge, ce que Piatti et Drogba ne se sont pas gênés pour faire. Seule ombre au tableau sur le plan défensif, lors de la phase manant au but de Pontius, Donadel et Oyongo, trop passifs, ont beaucoup reculé, ce qui a donné tout le temps du monde à Herbers de s’installer dans le dernier tiers et à Restrepo de centrer.

3) Piatti et Drogba ont fait le spectacle
Après quatre matchs sans avoir eu la chance de compter sur Drogba et Piatti dans le XI, les deux étaient enfin de retour dans l’alignement. Et quel retour ce fut. Piatti, dès l’entame du match, a multiplié les gestes techniques qui le rendent si excitant à voir jouer. Drogba a évidemment profité des espaces offerts par la défense (notamment par Gaddis, qui semblait vraiment regarder un autre match sur le troisième but de l’Ivoirien) et a retrouvé sa finition de tueur. Bref, on avait l’impression d’être en plein cœur de la belle envolée de la fin de saison 2015 tellement ça semblait facile pour Drogba samedi soir. Mais soulignons l’apport d’Harry Shipp, qui enchaîne les bons matchs depuis quelques semaines et qui a bien participé à l’animation l’offensive, tout en offrant encore une fois une solide prestation défensive.

Solide match de l’Impact, donc, mais qui nous laisse avec une question. Avec le retour de Donadel, l’étincelante performance de Bernier et l’arrivée désormais actée de Bernardello, à qui Biello fera-t-il confiance dans les prochaines semaines pour patrouiller devant la défense? Heureux problème s’il en est un, mais qui fera inévitablement un ou des malheureux.

Direction Washington pour y affronter un DC United qui se cherche. Belle occasion de creuser l’écart avec un rival de l’Est.

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