Maxime, passionné de la chasse aux maillots

Certains collectionnent les programmes, les billets et même les sacs en plastique des boutiques des clubs (vraiment!), mais l’article le plus collectionné reste sans aucun doute le maillot. Emblème ultime d’un club, vénéré par les supporters, reconnu instantanément par les rivaux, le maillot ne laisse personne indifférent et devient, souvent, un sujet de conversation, parfois même avec de purs inconnus.

Comme beaucoup d’entre nous, Maxime Dery, de Namur, en Belgique, a commencé à acheter en magasin les maillots de ses clubs préférés. De nombreuses années plus tard, en faisant l’inventaire de ses maillots, il constate que les quelques maillots de sa collection portés par des joueurs sont bien plus importants à ses yeux. Ainsi s’amorce une véritable quête de maillots portés en match, de « vrais » maillots, si l’on peut dire. « J’en avais quelques-uns du Standard de Liège ou d’amis qui jouent au foot et je me suis dit que ça avait plus de valeur qu’un simple maillot, explique Maxime. Dès lors, j’ai commencé à acheter ces maillots et à tenter d’en recevoir pour alimenter ma collection. »

Outre la façon simple et directe de se procurer ses maillots, soit en les demandant directement aux joueurs, malgré le taux de réussite généralement faible, il est donc possible d’acheter des maillots portés par des joueurs. Mais où? « Il y a plusieurs endroits, comme eBay, mais il y a beaucoup de faux là-bas; il y a peu d’experts, de connaisseurs, et donc beaucoup d’arnaques. » Par conséquent, il faut s’assurer de la fiabilité du vendeur, de sa réputation, avant de transiger. « Et pour ça, faire partie de groupes de vendeurs est un plus, reconnaît Maxime. À force de faire des transactions, on se lie d’amitié et on tisse la confiance avec des vendeurs et des acheteurs. » Une fois son réseau de contacts établi, il suffit de poser quelques questions à la communauté pour savoir si un vendeur est fiable. « Mais ça reste rare comme maillots et il faut donc faire attention. »

De fait, pour éviter de se faire avoir, la meilleure chose est encore de savoir reconnaître un vrai d’un faux et de connaître les différences entre les diverses marques qui ont chacune leurs caractéristiques propres, qui sont autant de « preuves » d’authenticité. Encore une fois, le réseau de contacts a son importance. « Quand on doute, on peut demander l’avis d’autres spécialistes de certains clubs, qui ont reçu des maillots directement du joueur ou du club et on peut comparer. La collectivité est très importante. » Mais qui dit maillot porté, dit usure. Là aussi, les traces d’usure ou les taches peuvent servir à confirmer l’authenticité du maillot. « Parfois, il y a encore des traces sur le maillot et c’est facile de comparer avec les photos, explique Maxime. Parfois il est lavé, alors il faut donc bien analyser la pièce, sa provenance et demander des photos très détaillées. »

Cependant, un maillot peut avoir été préparé pour un joueur, sans que celui-ci le porte. Selon le club, deux à cinq maillots peuvent être préparés pour un match, pour faciliter les changements en cas de déchirure, de sang sur maillot ou d’autres problèmes en cours de match. Cela explique pourquoi il existe, par exemple, plusieurs maillots de Messi de la finale de la Ligue des champions. « Un joueur comme Messi change d’ailleurs généralement de maillot à la mi-temps, révèle Maxime. Il y a donc habituellement deux maillots portés et trois préparés. » Un maillot préparé possède une certaine valeur, qui demeure cependant moindre que celle d’un maillot porté.

Les trois maillots dont il ne se séparerait pas :
  • Le maillot préparé de Neymar avec le Brésil contre l’Italie en Coupe des Confédérations. (« Il l’a offert au staff italien pour une vente aux enchères. »)
  • Le maillot d’Eliaquim Mangala, porté lors de son tout premier match professionnel avec le Standard de Liège en Europa League contre la Sampdoria. (« Je vois encore Eliaquim, à 15 ans, traîner avec moi dans le centre-ville de Namur. »)
  • Le maillot que Michy Batshuayi portait lorsqu’il a marqué son tout premier but avec l’Olympique de Marseille. (« C’était en Coupe de la Ligue! »)

Si certains collectionnent les maillots comme d’autres chassent les pokemons (attrapez-les tous!), ce n’est pas le cas de Maxime, qui se concentre uniquement sur des maillots qui signifient quelque chose de spécial pour lui. « Neymar est mon joueur préféré et donc, ses maillots ont une symbolique particulière. J’ai trois maillots de Neymar portés avec Santos, deux avec la Seleção. J’en ai des dizaines d’autres dont je ne me séparerais pour rien au monde, ils ont tous une valeur affective énorme, car je ne collectionne pas pour le nombre, mais pour la qualité. Je ne prends que des maillots qui me tiennent à cœur. » Certes. Mais tout bon collectionneur a quand même son point faible, son Saint-Graal. Il y a bien un maillot pour lequel on échangerait tous les autres, non? « Ma collection vaut plus qu’un seul maillot, même unique, estime Maxime. Bon, après, si Neymar marque le but de la victoire en finale de Coupe du Monde et qu’il veut m’offrir son maillot, c’est certain que j’y réfléchirai à deux fois! Mais on parle là de pièces qui coûtent au bas mot 20 000 euros (NDLR Près de 29 000 $CA). »

 

Quelques pièces de la collection de Maxime :

 

Avant d’atteindre ce niveau, il faut bien commencer quelque part. Si vous êtes tenté de partir à la recherche du maillot de votre joueur préféré, Maxime a quelques conseils pour vous : « Avant d’acheter, apprends. Renseigne-toi, fais-toi des amis, lie des liens de confiance et seulement quand tu as un réseau, achète. » Il note cependant que l’idéal est de commencer par la base : en demandant aux joueurs s’ils veulent bien donner leur maillot. On ne peut effectivement pas nier qu’à la base, il n’y a rien de mieux que de recevoir un maillot directement des mains d’un joueur qu’on apprécie particulièrement.

Alors voilà, Radja Nainggolan, si tu lis ce billet, je voudrais te dire que tu joues contre l’Impact de Montréal le jour de mon anniversaire…