New York-Montréal : Trois constats sur l’Impact

La Red Bull Arena est un de stades d’où l’Impact n’a jamais ramené un seul point (sauf une fois en ligue des champions). Si auparavant, le bourreau s’appelait Henry, depuis son départ à la retraite, l’Impact trouve des moyens créatifs de perdre lors de ses passages dans le New Jersey. Voici mes trois constats sur ce match.

1) La défense s’est encore effondrée
Je commence sérieusement à manquer de mots pour vous l’expliquer. On ne remarque aucune amélioration, match après match. Encore une fois, on a eu droit à plusieurs enchaînements tragi-comiques qui ont fait la différence dans le match. Oui, certains joueurs ont été plus mauvais que d’autres, mais avant de lancer la pierre à la charnière centrale, il faut se demander pourquoi elle a été aussi souvent submergée. La réponse se trouve en partie dans les deux constats suivants. Quoi qu’il en soit, le moment est idéal pour titulariser Lefèvre et Toia. Si le premier ferait un bien fou dans l’axe, où Cabrera a complètement perdu le nord depuis quelques matchs, le second permettrait de solidifier l’aspect défensif sur le flanc gauche où Oyongo n’a absolument rien fait de potable samedi. Ce dernier étant suspendu au prochain match, une partie de la solution s’imposera donc à Biello.

2) Le dispositif tactique était… étrange
Déjà, s’amener au Red Bull Arena pour y jouer en 4-4-2 quand on a somme toute très peu d’expérience dans ce schéma équivaut à faire du trapèze sans filet : si quelque chose ne marche pas, la chute peut être fatale. Alors imaginez quand votre 4-4-2 est en fait un 4-3-3, ou au mieux un 4-3-1-2, avec trois joueurs dont défendre ne fait absolument pas partie de la charge de travail. Si ce n’est pas assez, imaginez alors placer vos trois milieux en ligne devant la défense et jouer en contre… Émotions fortes garanties. De fait, en défendant à trois en ligne devant la défense (en fait, je crois que c’est ça, parce que je n’ai toujours pas compris le rôle de Mallace; et ce n’est pas là une critique de ses habiletés, loin de là), Kljestan, l’homme auquel il ne faut sous aucun prétexte laisser le ballon, avait tout l’espace nécessaire pour manœuvrer à sa guise. Et donc, si ça a tenu plus ou moins bien jusqu’au but de Piatti, ça passait ensuite comme dans du beurre à travers le rideau (si on peut appeler ça ainsi) constitué de Bernardello, Donadel et Mallace. Et qui devait venir fermer les espaces? Ciman. Et qui se retrouvait seul dans l’axe de la défense? Cabrera. Attendez, c’est pas fini…

3) Les latéraux jouaient bien trop haut
Comme si Ciman n’en avait pas assez de devoir couvrir le milieu de terrain poreux qui sévissait devant lui, il devait aussi se démener pour couvrir le poste d’Oyongo, souvent positionné très haut, tout comme Camara, de l’autre côté du terrain, généralement couvert par… Mallace. Cela augmentait donc considérablement la pression sur la charnière centrale, qui était dans un jour sans, qui plus est. Si Cabrera a été franchement mauvais, Ciman n’était pas non plus dans son assiette. Il faut cependant se demander pourquoi Camara et Oyongo jouaient si haut alors que l’Impact jouait principalement en contre; souvent, Montréal se retrouvait à défendre à cinq… Pour moi, le schéma tactique ne concordait pas avec la stratégie employée, tout simplement.

Et puis, il y a eu Chris Penso. A-t-il été mauvais? Oui. Comme c’est souvent le cas en MLS, l’arbitre a eu son mot à dire dans la rencontre. Cependant, l’Impact avait, dès l’entame du match, placé tous ses pions pour perdre la partie, en faisant des choix qui ne l’aideraient absolument pas contre son adversaire du jour. Les larmes de rage et les penaltys non sifflés n’y changeront rien. Quand on se déplace dans un stade où, historiquement, on se fait démonter presque à chaque fois (6 BP et 17 BC depuis 2012 en championnat avant le match de samedi), il faut se montrer plus modeste si on espère un résultat.

L’Impact doit maintenant profiter de la visite du Fire de Chicago, qui tarde à renaître de ses cendres, pour ajouter trois points à sa fiche et s’éloigner le plus possible de la satanée ligne rouge. Une prise facile s’il en est une, qui reste sur deux points à ses cinq derniers matchs.

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