Montréal-Toronto : Trois constats sur l’Impact

Belle prestation montréalaise dans l’ensemble, malgré quelques ratés, qui aboutit à un partage somme toute logique. L’Impact se qualifie pour les séries, l’objectif est atteint, reste plus qu’à améliorer sont sort avec un résultat favorable à New England la semaine prochaine. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) L’envie était là
Si l’Impact a, à quelques reprises cette saison, mal amorcé des matchs importants, cette fois, son entame de match était bien réussie. Dès le coup d’envoi, les hommes de Biello semblaient affamés, étaient portés vers l’avant, avaient visiblement envie d’en découdre avec l’adversaire du jour. Et ça lui a bien servi, à un point tel que Toronto se repliait parfois à onze dans sa surface de réparation (!) pour défendre sur corner. Bref, l’Impact faisait peur à son adversaire.

2) L’Impact s’est replié trop tôt
Comme c’est arrivé plusieurs fois cette année, le bleu-blanc-noir a eu la mauvaise idée de se replier trop tôt en seconde mi-temps pour protéger sa maigre avance. En descendant son bloc, Biello a du même coup permis à Toronto de s’installer facilement dans la moitié de terrain montréalaise. Ainsi, Giovinco a pu jouer de plus en plus de ballons alors qu’on ne le voyait pas du tout en première mi-temps. Cependant, c’est Armando Cooper qui a donné le plus de fil à retordre aux locaux. Percutant tout au long du match, Cooper s’est promené à sa guise dans un milieu de terrain montréalais médusé qui ne savait pas comment le freiner, notamment Bernier, qui ne semblait pas avoir reçu de directives claires sur le rôle qu’il devait jouer dans le système de jeu de Biello. Soit dit en passant, ce Cooper, en prêt d’Arabe Unido jusqu’en fin de saison, est un joueur dont le profil cadrerait à mon avis très bien dans l’effectif montréalais…

3) Les supporters montréalais ne sont jamais contents
Après le match, nombreux étaient ceux qui disaient que l’Impact s’était qualifié « par la porte d’en arrière », puisqu’il n’avait pas gagné et que c’était surtout la défaite de New England qui lui permettait d’accéder aux séries. Penser de la sorte, c’est ignorer l’ensemble de la saison. C’est ignorer également que l’équipe est au quatrième rang de la ligue au classement des points gagnés sur la route. Si l’Impact s’est qualifié, c’est parce qu’il s’est placé en position de le faire, pas parce que les autres ont perdu. Pas de porte d’en arrière, ni de porte de côté, ni de fenêtre du sous-sol. Quoiqu’il arrive, à Montréal, on n’est jamais content. Et ça devient franchement énervant. Peut-être faudrait-il rappeler à tout le monde que ce n’est pas demain la veille qu’on verra l’Impact gagner tous ses matchs au cours d’une saison…

Et Didier?
Les circonstances spéciales demandent des mesures spéciales. Sortons donc un peu des trois constats et parlons de Didier Drogba. L’Ivoirien a claqué la porte en apprenant qu’il ne serait pas titulaire samedi. Voilà qui n’est pas très intelligent quand son autobiographie est intitulée « Commitment ». Ceci étant dit, il faut reconnaître, quand on regarde l’ensemble de la carrière de Drogba, que son comportement est généralement plus fidèle au titre de son autobiographie qu’à cet écart de conduite inattendu. Pour moi, il est évident qu’il n’a pas réfléchi avant d’agir. Cette impulsivité non caractéristique est probablement due à plusieurs facteurs. Notamment, l’enjeu. Si pour certains, un match contre Toronto si tard dans la saison n’est somme toute qu’un match comme un autre, pour des joueurs de la trempe de Drogba, un tel affrontement revêt un attrait particulier. C’est lors des « clasicos » qu’on marque les esprits et qu’on s’inscrit dans l’histoire d’un club. Comme quand Ciman a quitté le Standard en marquant contre Anderlecht, par exemple. Ainsi, comme tout joueur qui a à cœur de performer, Drogba voulait sûrement à tout prix jouer ce match qui n’avait, pour lui, rien d’ordinaire. D’autant plus que Mancosu semblait gêné par une douleur au dos durant la semaine. Tout semblait indiquer que Drogba serait du onze, et selon les observateurs présents aux entraînements, l’Ivoirien s’est préparé avec le plus grand sérieux tout au long de la semaine. Loin de moi l’idée d’excuser son geste; j’essaie simplement de le comprendre. Parce que c’est surtout ça qu’il faut tenter de faire. Plutôt que de juger, voire d’insulter Drogba, mieux vaut se mettre dans ses souliers. Et quand on le fait, on saisit la profonde déception de ne pas avoir été retenu dans le onze, mais aussi, et surtout, on remarque un écart de conduite profondément inhabituel de sa part. C’est pourquoi je suis prêt à parier sur un rapide mea culpa du principal intéressé et une volonté, chez tous, d’oublier l’incident pour se concentrer sur les séries éliminatoires.

Mire sur la Nouvelle-Angleterre, dans l’espoir d’améliorer le sort de l’équipe en vue des séries. Et avec Drogba, qui rigole avec Biello à l’entraînement toute la semaine, si possible.