Marie-Ève Nault : « Je suis fière de ce que j’ai accompli »

C’est avec beaucoup d’émotions que la Trifluvienne Marie-Ève Nault a disputé son dernier match de sa carrière de joueuse de soccer, le 5 novembre dernier, avec le KIF Örebro, en Suède.

Suite à une deuxième participation aux Jeux olympiques plutôt inattendue à Rio l’été dernier et en raison de la relève de jeunes Canadiennes qui poussent derrière, l’athlète de 34 ans a jugé que le moment était venu d’accrocher ses crampons. En repensant à sa carrière, Nault a beaucoup de fierté et aucun regret. « Je ne suis jamais vraiment entrée par la grande porte, j’ai toujours trouvé un moyen de me faufiler par la porte d’en arrière. Malgré tout, j’ai quand même vécu des moments incroyables dont je vais me rappeler toute ma vie. »

Parmi ces moments marquants, il y a bien sûr la médaille de bronze remportée lors des Jeux olympiques de Londres en 2012. Invitée à titre de réserviste, Nault s’était finalement taillé une place au sein du onze partant en raison d’une blessure à une coéquipière. Elle a vécu une autre expérience olympique à Rio 2016 et, même si elle n’a pas eu la chance de fouler le terrain, elle a tout de même pu savourer la médaille de bronze décrochée par l’équipe canadienne.

La ligue suédoise, une des meilleures au monde
En plus de mettre un terme à sa carrière, Marie-Ève Nault a aussi dû faire ses adieux à ses amis et à une ville qu’elle affectionnait beaucoup. En effet, elle a passé les quatre dernières saisons avec le KIF Örebro dans la ligue suédoise, avec qui elle a notamment participé à la Ligue des Champions, en 2014. « La belle saison qu’on a connue nous a permis de terminer en deuxième position au classement, ce qui nous a menées à une qualification en Ligue des Champions », raconte-t-elle. Une expérience différente des Olympiques, mais qui demeure un de ses plus beaux moments. « On a joué contre le PSG. Elles étaient très fortes, on a dû se défendre comme jamais! Et pour le match à Örebro, il y avait 6 000 personnes dans le stade et une très belle ambiance », se souvient-elle.

Elle n’a que de bons mots de son expérience en Suède. « S’il y a d’autres Québécoises qui souhaiteraient y jouer, honnêtement je les encourage. À mon avis, cette ligue est une des meilleures au monde. Elle est bien développée parce qu’elle est en place depuis plusieurs années. C’est tactique, mais aussi physique et les joueuses sont très techniques, alors je trouve qu’il y a un bon mix », affirme-t-elle.

D’ailleurs, elle encourage les jeunes Québécoises à avoir un rêve et d’y croire. « Même s’il y a des moments plus difficiles, si on a quelque chose en tête et qu’on le veut vraiment, tout est possible. Il faut persévérer et travailler encore plus fort. Je suis une petite fille de Trois-Rivières qui a réussi, donc n’importe qui peut y arriver aussi! », lance-t-elle.

Un exemple de persévérance
Après avoir fait partie des équipes du Québec et du Centre National de Haute Performance, Marie-Ève Nault a quitté la province pour joindre les rangs de l’équipe de l’Université du Tennessee en NCAA. « Ça m’a permis de me développer, mais aussi d’apprendre l’anglais! C’est également suite à ça que j’ai pu percer l’équipe nationale et avoir ma première chance. »

Elle a donc fait ses débuts avec la sélection nationale en 2004. Après cinq ans sans nouvelles de l’équipe, elle a joué plusieurs saisons en W-League, notamment à Montréal, à Ottawa, en Indiana et à Chicago. Nault a ensuite été rappelée par l’équipe nationale en 2009, ce qui l’a amenée à participer à la Coupe du monde féminine en Allemagne en 2011. Elle a aussi défendu les couleurs du pays lors de la Coupe du monde féminine au Canada en 2015.

En tout, elle aura disputé 70 matchs avec la sélection canadienne. Et depuis ses débuts, le sport a connu d’énormes progrès. « Les connaissances tactiques ont beaucoup évolué… quand j’étais jeune, on faisait du kick and run! », dit-elle en riant. « Les entraîneurs sont plus développés. La popularité du sport fait aussi en sorte que les gens sont prêts à supporter une équipe féminine et ça c’est très intéressant. »

Retour au bercail
De retour dans sa ville natale depuis la semaine dernière, Nault a officiellement débuté lundi un nouveau chapitre de sa carrière, à titre de directrice générale du Centre régional d’entraînement et d’événements de la Mauricie (CREEM). « Tout ce dont les athlètes ont besoin, j’ai une bonne connaissance à ce niveau, mais tout le côté administratif, j’en ai beaucoup à apprendre! Mais ça va bien! », se réjouit celle qui touchera maintenant à tous les sports.

Le 4 février prochain, dans le cadre d’un match amical entre les sélections canadiennes et mexicaines, une cérémonie spéciale sera organisée par l’Association canadienne de soccer afin de souligner la carrière de Marie-Ève Nault ainsi que celles de Rhian Wilkinson et Melissa Tancredi, qui ont elles aussi annoncé leur retraite. Ce sera une dernière occasion pour elle de célébrer ses beaux moments avec ses coéquipières!

Paméla O’Neill
@pamie9