Montréal-Toronto : Trois constats sur l’Impact

L’Impact de Montréal aura montré à tous qu’une victoire qui fait mal au gagnant, c’est possible. Après avoir pris les devants par trois buts, le bleu-blanc-noir est vite redescendu sur terre quand les joueurs désignés Altidore et Bradley ont tour à tour troué la toile du dirigeable montréalais en partance vers l’Ouest américain. Voici mes trois constats sur ce match.

1) L’Impact a bien profité du 3-5-2 de Toronto
Comme je vous en avais fait part lors de mon aperçu des matchs aller, j’étais sceptique quant à l’utilisation du 3-5-2 par Greg Vanney. Vu les dimensions du terrain et la solide capacité des Montréalais à faire mal en contre, c’était un choix risqué. De fait, l’Impact a rapidement profité des espaces pour frapper par deux fois grâce à sa vitesse et sonner complètement les Torontois. Qui plus est, tout au long des 60 premières minutes, on a revu l’excellente organisation défensive que l’Impact avait montrée contre DC United. Les visiteurs étaient sans ressources, sans idées, sans options. Domination sur toute la ligne (!) des Montréalais.

2) L’Impact a souffert quand Toronto a finalement occupé l’axe du terrain
Coup du sort, c’est quand Greg Vanney a abandonné son 3-5-2 que Toronto a trouvé le moyen de revenir à la vie. Alors que Piatti et Oduro, complètement vidés par leurs envolées magiques de la première heure de jeu, avaient commencé à traîner de la patte dans le repli défensif, Vanney a remplacé Osorio et Cooper par Johnson et Ricketts pour animer l’axe du terrain. Avec Giovinco replacé un cran plus bas derrière Altidore et Ricketts, et Johnson en soutien à Bradley, Toronto avait placé les pions pour faire sauter le verrou de l’équipe locale. Comme les ailiers montréalais étaient de plus en plus effacés en phase défensive, Toronto s’est vite retrouvé avec plus d’espace de manœuvre et a commencé à prendre ses aises dans le dernier tiers des locaux. Les surnombres causés par les replis approximatifs de Piatti et Oduro ont finalement forcé la désorganisation du bloc défensif montréalais et coûté deux buts. Deux gigantesques buts qui ont pour effet de prolonger la ligne (!!) de vie des Torontois.

3) On se serait cru en Ligue des champions
Oui, je me répète. Je vous avais expliqué en long et en large après le match aller contre New York que l’Impact était en mode Ligue des champions. Si je vous en parlais pour les bonnes raisons, cette fois, c’est pour les mauvaises que je le fais. En effet, la seconde mi-temps du match contre Toronto n’était pas sans rappeler une certaine seconde mi-temps contre un certain club mexicain lors d’une certaine finale. Encore une fois, à un moment crucial, alors qu’il se devait de contrôler les débats, l’Impact a perdu pied et s’est mis à paniquer. Par contre, cette fois, il est parvenu à reprendre ses esprits rapidement pour limiter les dégâts, même si ce second but torontois pourrait faire très mal en bout de ligne (!!!).

Si les Montréalais sont rentrés dans cette série aller-retour à pleine vapeur, les Torontois, en marquant ce second but, semblent avoir renversé ladite vapeur. Autant le momentum était du côté Montréalais au terme du match aller contre New York, autant cette fois, ce sont les hommes de Mauro Biello qui font face à leurs propres questionnements. Mais au fond, peu importe; un match nul suffira, comme un certain soir de juillet 2008.