Classico canadien, suite et fin

Inutile de rappeler que le match aller de ce duel plus qu’attendu a été fort en émotions. Des derniers pas de Didier Drogba sur le terrain montréalais à l’envolée du bleu-blanc-noir ramené à l’ordre par des Reds en quête de buts, en passant par la saga des lignes à retracer, le premier volet de cette demi-finale toute canadienne aura été haut en couleur. Les deux belligérants se retrouvent ce mercredi sur le terrain du BMO Field. Classico de haut vol, suite et fin, voici un aperçu de ce match retour qui promet.

L’avantage psychologique
Si les hommes de Mauro Biello respirent la confiance après avoir prouvé à tous qu’ils pouvaient largement dominer leurs vis-à-vis canadiens, ceux de Greg Vanney sont tout aussi persuadés de pouvoir faire le boulot après avoir ramené la marque à 3-2 en sol montréalais après un départ catastrophique. Difficile donc de donner l’avantage à l’une ou l’autre des équipes; bien que Montréal se présente à Toronto en menant par un but, ce qui met toute la pression du travail à accomplir sur les épaules des Torontois, le TFC pourra quant à lui profiter de l’appui de ses fidèles. 50-50. Kif-kif. Égalité.

La bataille du milieu de terrain
3-5-2 ou pas 3-5-2? Telle est la question pour Toronto. Après une expérience pour le moins difficile durant les 60 premières minutes du match aller, où l’Impact a fait payer cher aux Torontois les espaces laissés aux Piatti, Oduro et Mancosu, difficile d’imaginer Vanney opter de nouveau pour le 3-5-2. Par ailleurs, c’est rajoutant du poids dans l’axe du milieu de terrain que les Reds ont trouvé la faille dans le mur montréalais. Vanney passera-t-il directement aux choses sérieuses en plaçant Will Johnson aux côtés de Michael Bradley? Si tel est le cas, avec un volume de jeu plus élevé dans l’axe et des espaces restreints, le trio axial des Montréalais devra possiblement trimer plus durement qu’au match aller et devra nécessairement recevoir le soutien des ailiers, soutien qui a fait défaut lors du retour à la vie des Torontois au match aller.

La gestion des réserves d’énergie
Du côté montréalais, les crampes subies par certains joueurs lors du premier affrontement ont modifié le plan de match et forcé des changements qui n’étaient peut-être pas optimaux. Mais la gestion de l’énergie n’était-elle justement pas une des clés du match pour Montréal, qui compte sur un noyau plutôt âgé? Cette fois, Biello et ses adjoints devront impérativement guetter tout signe de fatigue et y remédier rapidement pour éviter un effondrement comme celui subit au stade Olympique. Inversement, pour les Torontois, et Jozy Altidore en premier, il faudra comme à l’aller tout faire pour épuiser le bloc défensif montréalais et tenter de profiter de ses éventuelles pertes de concentration. Ultimement, c’est peut-être les joueurs qui n’amorceront pas le match qui seront les plus importants dans le duel qui s’annonce.

Une chose est certaine, ce ne sera pas facile. Ni pour Toronto, ni pour Montréal. Un match serré est à prévoir, et il serait fort surprenant de voir autant de buts qu’au match aller. Et un match serré, c’est habituellement de bon augure pour l’équipe qui a pris les devants à l’aller.
Verdict : match nul.