Toronto-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Ainsi se termine l’épopée 2016 de l’Impact de Montréal en Major League Soccer. Une élimination en finale de conférence par l’ennemi juré n’est certes pas le scénario rêvé, loin de là, mais l’Impact a vendu sa peau très chèrement. Malgré le goût amer, aucun regret à avoir, donc, pour les hommes de Mauro Biello. Voici mes ultimes trois constats pour 2016.

1) Biello a commis deux erreurs
Cela fait mal au cœur de le dire, mais il faut se l’avouer : Mauro Biello a commis deux erreurs fatales lors de ce match retour au BMO Field. Malheureusement, ces deux erreurs se sont combinées pour permettre à Toronto de marquer ce fatidique troisième but qui emmenait les débats en prolongation, zone où l’Impact avait somme toute peu de chance de tenir le coup physiquement. Tout d’abord, comme au match aller, Dominic Oduro a commencé à se fatiguer rapidement à compter de l’heure de jeu, ce qui a inévitablement laissé beaucoup d’espace sur le flanc gauche aux Torontois pour contre-attaquer. En laissant le Ghanéen bien campé dans son no man’s land devant Hassoun Camara qui commençait à s’essouffler lui aussi, Biello ne semblait pas avoir retenu la leçon apprise au stade Olympique. Ensuite, avec le marquoir qui indiquait 2-2, synonyme de qualification, on a senti l’Impact pousser pour marquer un autre but au lieu de contrôler le match. Certes, un but supplémentaire aurait scellé l’issue de la rencontre en faveur des Montréalais. Malheureusement, Toronto a laissé l’Impact monter haut sur le terrain pour ensuite profiter de l’absence défensive d’Oduro pour amener le danger par son côté : c’est ce qui a mené au corner du 3-2, qui a ensuite été très mal défendu (ou plutôt pas défendu du tout) par Oduro.

2) L’Impact peine contre les attaquants physiques
C’est un secret de polichinelle, l’Impact a de la difficulté à museler les gros attaquants adverses. C’était évident avec Jozy Altidore, qui semblait prendre plaisir à bousculer tout le monde à chaque occasion. Fondamentalement, c’est LA façon de battre l’Impact de Montréal, habitué à paniquer quand le « feu » prend derrière. Ainsi, en se frayant un chemin à coup d’épaule, on en vient à déstabiliser la défense montréalaise, surtout sa charnière centrale, et à gagner des duels dans un espace restreint, souvent entre le point de penalty et la ligne de but. Submergés physiquement, les joueurs montréalais arrivent plus souvent qu’autrement deuxièmes au ballon. Dans la surface de réparation, ça ne pardonne pour ainsi dire jamais. Avec ça et l’incapacité chronique de jouer les phases arrêtées, ça fait deux gros points à corriger en vue de 2017, par le recrutement, possiblement.

3) Toronto a gagné
Il ne faudrait pas l’oublier; c’est Toronto qui a gagné plus que l’Impact qui a perdu. Dans ce second match comme dans l’ensemble de la série, les Reds ont eu de nombreuses occasions de paniquer et de perdre espoir. Mais ils n’ont jamais abdiqué. En travaillant d’arrache-pied (et certaines mauvaises langues diront d’arrache-tête en pensant à la charge de Jozy Altidore sur Hernan Bernardello), les hommes de Greg Vanney ont réussi à surmonter une valeureuse équipe montréalaise qui a vendu chèrement sa peau. Très chèrement même. Il faut se demander si Giovinco sera disponible et à 100% pour la finale, lui qui ne semblait pas dans son assiette dans cette série et qui a du abandonner sur blessure avant la fin du match. Mais au-delà de la disponibilité du remuant numéro 10, il faut aussi reconnaître que les Torontois ont laissé beaucoup d’énergie dans la bataille du Canada et que cela pourrait possiblement profiter aux Sounders de Seattle.

Au bout du compte, et comme je l’avais mentionné avant le match, ce sont les remplaçants qui ont fait la différence. Si Venegas a plutôt bien fait, les deux autres changements effectués n’ont pas amené les résultats escomptés. Et puis, évidemment, il y a ces changements qui n’ont simplement pas été faits… Par contre, du côté Torontois, les changements ont été bien plus heureux; Cheyrou et Ricketts ont cassé les reins des Montréalais en prolongation.

Occasion ratée pour l’Impact, qui semble toujours trouver le moyen de se saborder dans les grands moments (ce score de 5-2 devrait vous rappeler quelque chose, tout comme l’effondrement en 2e mi-temps au stade Olympique). Par contre, pour le soccer canadien, on ne pouvait pas espérer de meilleure vitrine. Une série aller-retour forte en émotions, pleine de rebondissements et suivie par un nombre exceptionnel de spectateurs et de téléspectateurs, même au-delà des frontières. Sans aucun doute, nous avons assisté au plus gros événement soccer 100% canadien de l’histoire (hormis pour la ligue, qui est américaine, malheureusement). Ce fut un réel privilège d’en avoir fait partie.

C’est là-dessus que se conclut cette saison de trois constats. J’espère que vous avez apprécié mes observations match après match. On reprend ça dans trois mois (déjà!).