San José-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Après une saison 2016 terminée sur une note encourageante en éliminatoires, c’est malheureusement l’Impact de la saison régulière qui est réapparu sur le terrain pour amorcer la saison 2017. Un départ raté, donc, pour les Montréalais, qui s’inclinent 1-0 à San José. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) Le pressing haut a bien fonctionné
L’entraîneur Mauro Biello avait annoncé durant l’hiver vouloir voir ses joueurs presser un peu plus haut afin de gagner plus de possession de balle. Ironiquement, cette tactique a très bien fonctionné… contre l’Impact. Jamais le Bleu-Blanc-Noir n’a trouvé les solutions pour se défaire de l’étranglement de Godoy et compagnie qui ont dès l’entame du match mis la pression sur le Bleu-Blanc-Noir pour contrer ses relances. Avec les latéraux partis en excursion au-delà de la ligne médiane et un milieu de terrain résolument trop éparpillé, les options étaient donc limitées pour les Ciman, Camara et Donadel, qui devaient plus souvent qu’à leur tour tenter le long ballon pour se sortir du pétrin. Contre une équipe connue pour sa bonne organisation défensive (et renforcée par un étincelant Jungwirth), ça ne pardonne pas. Aucune construction et aucun tir cadré.

2) Le milieu de terrain est très lent
On parle souvent de l’explosivité de l’Impact en reconversion rapide. Cependant, force est de constater que cette explosivité est soit celle de Piatti, soit celle d’Oduro. Souvent, et on l’a vu à quelques reprises samedi, les deux milieux axiaux en poste plus avancé, soit Bernier et Bernardello, n’ont plus la rapidité pour suivre le mouvement. Si cette lenteur est compensée par des qualités évidentes de relance en contre-attaque, elle est malheureusement un grave handicap en phase défensive. Avec les nouvelles directives de pressing haut sur le terrain, il était de plus en plus difficile pour Bernier et Bernardello de se replier, surtout quand l’adversaire contre-attaquait. Et comme les responsabilités défensives des ailiers Piatti et Oduro semblaient elles aussi avoir été laissées de côté dans le cadre de cette nouvelle tactique, la pression était accrue sur Donadel et la charnière centrale, ce qui a éventuellement mené aux deux cartons jaunes de Camara, souvent débordé ou en retard dans l’action.

3) L’arbre cache bel et bien la forêt
Comme j’en avais parlé dans mon aperçu de la saison, l’arbre des belles prestations en séries cache la forêt des problèmes de la saison régulière. Les flottements dans la défense et l’absence quasi totale de construction sont réapparus comme par magie, comme si on n’avait rien fait pour les faire disparaître. Quoi? Ah oui, c’est vrai : on n’a rien fait pour les faire disparaître. Tout indique, à la vue de ce match, que le club se dirige une fois de plus vers une saison de « ainsi va Piatti, ainsi va l’Impact ». Seule amélioration notable, mais qu’il faudra confirmer dans la durée : les sorties aériennes de Bush étaient rassurantes. Est-ce dû au changement d’entraîneur des gardiens survenu durant la saison morte? L’avenir le dira.

Heureusement, ce match confirme aussi que Biello fera confiance aux jeunes. D’office, ce n’est pas surprenant, puisque la majorité des éléments « de banc » ont disparu durant l’hiver pour leur faire place. Par contre, ce qui est encourageant, c’est que Biello n’a pas hésité à faire appel à Ballou, puis à DePuy, dans une situation difficile sur le terrain. Cela marque un important décalage comparativement à ce à quoi l’Impact nous avait habitués au fil des ans, trouvant toujours le moyen de laisser ses jeunes de côté même quand tout pointait vers leur utilisation (par exemple dans le cas de Maxime Crépeau, ignoré durant la catastrophique saison 2014 alors qu’on aurait pu lui donner des minutes quand il n’y avait plus d’enjeu sportif).

Retour à la maison le week-end prochain, contre les champions en titre de Seattle, et avec déjà quelques soucis physiques à rapporter, ce qui laisse des points d’interrogation en défense centrale en raison de la suspension de Camara.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer