Montréal-Seattle : Trois constats sur l’Impact

Malgré le froid polaire qui sévissait sur la ville, les Sounders de Seattle sont parvenus à jeter un froid sur le stade olympique. Alors que l’Impact voguait allègrement vers ses trois premiers points de la saison, le spectre des errements défensifs de 2016 est revenu hanter le Bleu-Blanc-Noir. Match nul coûteux à l’aube de trois déplacements difficiles. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) Le terrain a bien servi à l’Impact
On le sait, la surface du stade olympique est très dure et difficile à apprivoiser. Les Sounders l’ont appris à leurs dépens, notamment quand Stefan Frei a été mystifié par les rebonds du ballon lors de l’ouverture du score par Mancosu. Les rebonds incessants du ballon ont complètement cassé le rythme de la sortie du gardien visiteur. Qui plus est, l’équipe de l’Ouest américain a longtemps cherché ses repères sur le tapis olympique, ce qui l’a souvent ralentie dans ses élans. Malheureusement pour l’Impact, Seattle était somme toute dans un bon jour et a commencé à mieux gérer les rebonds en seconde mi-temps.

2) Les centres, pas la force de l’Impact
Deux jours avant le match, lors de l’entraînement public de l’Impact, les spectateurs présents ont pu assister à quelques exercices offensifs axés sur les centres. Quiconque portait attention à ce qui se déroulait sur le terrain a pu constater que la qualité des centres n’était simplement pas au rendez-vous. Mais le plus inquiétant dans tout ça, c’est que si on le travaillait tant à l’approche du match de samedi, c’est que cela devait faire partie intégrante de la stratégie face aux Sounders. En 90 minutes, l’Impact a centré sept fois, contre dix-huit pour les Sounders. Non seulement les hommes de Biello ne semble pas en mesure de développer le jeu pour centrer, mais quand ils le font, ils sont moyens, voire mauvais. Et naturellement, ils font encore des erreurs de marquage sur les centres adverses. Bref, les centres, ce n’est pas pour l’Impact. Rien de nouveau sous le soleil, quoi. C’est un peu le thème qui se dégage en 2017 jusqu’à présent.

3) Encore les erreurs défensives
Presser haut, c’est bien. Presser haut quand il reste une poignée de secondes à jouer et qu’on mène par un but, c’est idiot. Malheureusement, avec une quinzaine de secondes à jouer et devant ce qui semblait hors de tout doute être la dernière action du match, on pouvait compter pas moins de quatre (!) joueurs de l’Impact dans la moitié de terrain adverse. Parmi eux, Ambroise Oyongo, qui défendait à soixante mètres (!) de son but. Naturellement, c’est ce qui a déséquilibré tout le bloc défensif. Seattle s’est engouffré derrière lui et tout est tombé : Ciman a dû compenser vers la gauche pour couvrir l’espace vacant laissé par le champion africain, Bernardello a tenté de rattraper Roldan qui déboulait sur l’aile. Comme Roldan a facilement surpassé l’Argentin et fait mine de foncer dans la surface, Ciman n’a jamais pu se replacer dans l’axe et s’est retrouvé dans un no man’s land. Le centre a suivi. Donadel, Lefèvre et Duvall étaient bien placés pour contrer les courses de Dempsey, Morris et Bruin, quitte à laisser Lodeiro seul au second poteau (il aurait dû être couvert par Ballou, parti en cavale dans la moitié de terrain adverse). Malheureusement, Lefèvre n’a su reconnaître la défense de zone de Donadel au premier poteau et a suivi la course de Dempsey (un réflexe somme toute normal devant un joueur de ce calibre, mais qui coûte cher au final). Derrière lui, Morris a eu le dessus sur Duvall (qui avait fait un fort match) et Bruin était seul. But. Principalement à cause du pressing haut d’Oyongo. Cela amène un questionnement : Biello, dont la tactique est clairement axée sur le pressing haut, a-t-il changé ses directives en fin de match? Si oui, alors la faute revient au joueur. Si non…

Tout n’est pas noir dans le monde de l’Impact, loin de là. Ce match représentait d’ailleurs une nette amélioration sur le précédent. Cependant, comme ils se répètent depuis maintenant un an (voire plus), les problèmes sont suffisamment graves pour inquiéter plus d’un observateur, avec raison. Des joueurs comme Oyongo (et Ciman, moyen tout au long du match) doivent faire mieux. Ils doivent être ceux qui font une différence positive dans un match et pas le contraire. Ils doivent rester alertes tout le match, pour éviter que, comme samedi, l’Impact donne dans les dernières secondes un but aux allures de contre-attaque alors qu’il se devait de « parker le bus ».

Deux gros points perdus bêtement à domicile avant trois déplacements très compliqués à New York City FC, Chicago et Los Angeles. Dur début de saison pour l’Impact, qui pourrait bien devenir catastrophique en peu de temps.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer