Montréal-Atlanta : Trois constats sur l’Impact

Elle était attendue, elle est finalement arrivée : l’Impact de Montréal a signé sa première victoire de la saison 2017. L’adversaire du jour était craint et il a vendu chèrement sa peau avant de s’avouer vaincu par l’homme dont certains annonçaient le départ imminent vers d’autres horizons. Voici mes trois constats sur le match.

1) Les erreurs se suivent et se ressemblent
Encore une fois, c’est le positionnement des défenseurs latéraux très haut sur le terrain lors des relances qui a coûté cher à l’Impact en première mi-temps. Quand Evan Bush a raté sa remise à Oyongo (une éventualité à laquelle il faut toujours s’attendre puisque les relances au pied sont loin d’être la principale force du gardien montréalais), l’écart entre les latéraux et les défenseurs centraux s’est encore fait sentir, plaçant encore Ciman dans un no man’s land à partir duquel il ne pouvait rien faire et mettant encore son partenaire dans une situation difficile dans l’axe. Encore. Je commence à me demander pourquoi Biello et ses assistants s’entêtent à ne rien changer au système en place quand le ballon est dans les pieds de Bush ou de défenseurs centraux. C’est tout simplement incompréhensible de voir un espace vide de 40 ou 50 m entre le ballon et ceux qui devraient idéalement le recevoir quand on veut bâtir le jeu à partir de l’arrière. Encore plus contre une équipe aussi explosive qu’Atlanta…

2) L’Académie a gagné ce match
De toute évidence, dès son entrée en jeu, Ballou Jean-Yves Tabla a réveillé les troupes montréalaises et causé toutes sortes de maux de tête à ses opposants grâce à sa vivacité et à sa technique. Le jeune produit de l’académie, positionné cette fois dans l’axe, a démontré toute l’étendue de son talent et sa polyvalence dans le secteur offensif et a amené le punch offensif qui manquait terriblement jusque-là au Bleu-Blanc-Noir. Pour moi, il est clair que les jours d’Oduro dans le 11 de base sont comptés. Mais c’est à Anthony Jackson-Hamel qu’est revenu l’honneur de sauver l’Impact de l’embarras. Sa vitesse de réaction pour dévier le tir hors cadre de Bernardello est digne des meilleurs attaquants de Major League Soccer. Après avoir vu Mancosu totalement effacé pendant 90 minutes et Jackson-Hamel venir faire le boulot à sa place dans les arrêts de jeu, il faut se demander si le déplacement à Philadelphie ne serait pas une excellente occasion d’offrir une titularisation au réserviste. En fait, ce match serait une belle possibilité de lancer Jackson et Ballou dans la marmite, en espérant qu’ils puissent mettre à profit les automatismes développés en USL l’an dernier. Avouons-le : contre Atlanta, l’Impact aurait pu jouer pendant 10 jours sans marquer ce second but si les deux académiciens n’étaient pas montés au jeu.

3) L’arbitrage a avantagé l’Impact
Contrairement au match de la semaine précédente à Los Angeles, cette fois, c’est l’Impact qui a profité des largesses de l’arbitre. Non seulement les Montréalais ont eu la chance de revenir dans le match et de profiter d’une expulsion à la suite de la « faute » de Gonzalez Pirez sur Mancosu, mais Victor Cabrera aurait bien pu être expulsé dès la 18e minute de jeu pour un tackle par derrière on ne peut plus limite sur Miguel Almiron qui l’avait balancé dans les orties au moyen d’un génial contrôle orienté. Retour de balancier.

L’Impact mettra le cap samedi prochain sur Philadelphie. D’une part, c’est l’occasion de profiter du très mauvais début de saison de l’Union pour aller chercher trois points qui feraient un bien fou au classement, en plus d’enfoncer encore plus Philadelphie dans les bas fonds de la conférence Est. D’autre part, comme la saison est encore très jeune, ce match pourrait permettre d’offrir aux réservistes une belle occasion à saisir, histoire de mousser un peu la concurrence interne et de motiver les troupes. Espérons quelques surprises dans le 11. Espérons Jackson et Ballou.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer