Philadelphie-Montréal : Trois constats sur l’Impact

L’Impact s’échappe de Philadelphie en sauvant un point à l’arraché. Pour une deuxième fois d’affilée, Jackson-Hamel joue les héros. Mais ça va mal. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Toute l’organisation défensive est à revoir
Si l’Impact veut gagner un autre match cette saison, il va falloir que Biello et ses adjoints revoient toute l’organisation défensive. Si l’Union, club d’ordinaire très mauvais tactiquement, a compris que les défenseurs latéraux montréalais jouaient beaucoup trop haut sur le terrain et a pu en profiter à outrance avec de nombreuses longues balles dans les couloirs vers, entre autres, CJ Sapong, il est évident que le reste de la ligue a aussi remarqué le phénomène. Sauf qu’au bout des longues balles, ce sera Villa, Larin ou Wright-Phillips… Bref, pendant toute la première mi-temps, les absences d’Oyongo et Duvall ont pesé lourd sur la charnière centrale de l’Impact qui semblait carrément tester un concept de défense à deux. C’était sans aucun doute l’éruption d’un volcan qui grondait depuis le début de la saison. Les signes avant-coureurs étaient nombreux et ont fréquemment été relevés dans cette chronique. Pourtant, aucun changement n’a été apporté.

2) Jackson-Hamel a le niveau
Ses performances en USL n’étaient pas un hasard. L’homme était prêt et le disait à qui voulait l’entendre avant la saison. Ne restait plus qu’à lui faire confiance. Je vous disais la semaine dernière que sa vitesse de réaction pour dévier le ballon dans le but contre Atlanta était digne des meilleurs attaquants de MLS. Aujourd’hui, je peux affirmer que sa reprise de la tête sur le centre parfait d’Oyongo l’était tout autant. Jackson-Hamel est prêt et mérite amplement du temps de jeu. En fait, il mérite plus de temps de jeu. Beaucoup plus. It’s Jackson time.

3) Le 4-2-3-1 est périmé
Si on peut constater une chose à la suite de ce match à Philadelphie, c’est que l’Impact est dû pour un changement de système (outre l’organisation défensive à revoir). Le bon vieux 4-2-3-1 ne lui sert plus. En fait, ce dispositif tactique est désormais un frein si l’équipe ne joue pas le contre. Marco Donadel semble plus efficace quand Bernadello n’est pas dans les parages pour le gêner. De même, Bernier semble plus libre quand Bernardello n’est pas dans son entourage direct. Par contre, Matteo Mancosu, lui, semble nettement plus impliqué quand un second attaquant vient l’épauler. Un 4-1-3-2, idéalement sans Bernardello et avec Jackson-Hamel, mais aussi sans Oduro et avec Ballou, pourrait changer profondément le visage et les destinées de l’équipe.

Attention. Tout comme l’excellente prestation en séries éliminatoires en 2016 a un peu (beaucoup?) masqué les carences bien réelles de l’effectif, cette fabuleuse remontée contre l’Union pourrait masquer le match catastrophique auquel on a eu droit à Philadelphie. Nul (hormis Jackson, évidemment) ne devrait être satisfait de ce résultat. Cette prestation nauséabonde en première mi-temps, probablement la pire de l’équipe en MLS, est très préoccupante et doit le rester malgré la remontada.

Retour à domicile contre les faibles Whitecaps. Ce sera l’occasion d’envoyer un message en vue de la Coupe des Voyageurs. Si cette coupe fait toujours partie des objectifs, évidemment, puisque personne n’en parle.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer