Photo : Claude-André Fortin

Montréal-Columbus : Trois constats sur l’Impact

L’Impact de Montréal s’incline à domicile dans un match qui résume assez bien la saison du Bleu-Blanc-Noir jusqu’à présent. L’arrivée de Blerim Dzemaili ne réglera pas comme par magie les grosses lacunes évidentes sur le plan tactique, pas plus qu’elle ne mettra du plomb dans la tête de certains joueurs qui reproduisent encore et toujours les mêmes erreurs de jugement. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Ça ne va pas assez vite pour Dzemaili
Clairement, l’écart de rythme entre la Serie A et la Major League Soccer semble avoir été un choc pour Blerim Dzemaili tout au long du match. À de nombreuses reprises, l’international suisse demandait à ses coéquipiers de passer plus rapidement le ballon. On a d’ailleurs vu le nouvel arrivant maintes fois tenter de combiner rapidement avec entre autres Piatti, sans trop de succès pour l’instant. On en vient à espérer que ce soit l’équipe qui accélère plutôt que Dzemaili qui s’adapte…

2) Bernadello ad nauseam?
Nombreux sont les supporters qui ne comprennent simplement plus la titularisation automatique d’Hernan Bernardello. L’Argentin semblait dépassé par les hommes en jaune pendant toute la première mi-temps. En fait, l’Argentin est souvent dépassé cette saison, et on peine à trouver un match durant lequel il a été en pleine possession de ses moyens. Ou même une mi-temps. Difficile de comprendre, effectivement, comment on peut le préférer continuellement à des joueurs dont l’apport semble largement plus positif. Notamment Arregui, substitué encore une fois alors qu’il semblait bien en jambes et bien dans sa tête.

3) De déjà vu en déjà vu
Et ça continue encore et encore, comme le chantait Francis Cabrel. L’Impact est tombé à plat en première mi-temps, se faisant complètement déclasser par son adversaire du jour, l’Union de… ah non, le Crew de Columbus. On était en effet très proche de la débandade de la première mi-temps du match à Philadelphie et l’Impact a eu de la chance que Columbus n’alourdisse pas le score avant la pause. Et comme à Philadelphie, c’est un Impact transfiguré qui est revenu sur le terrain au retour du vestiaire. La montée de Bernier a tout de suite permis aux hommes de Biello d’avancer plus aisément vers le but adverse et l’Impact a fini par pousser le Crew dans ses retranchements, jusqu’à ce que Jackson-Hamel (encore lui) vienne égaliser. Et comme un déjà vu ne vient jamais seul, les bons vieux démons de l’Impact ont bien entendu fait leur apparition pendant les arrêts de jeu, quand les défenseurs latéraux campaient à 75 m (et plus!) de leur but; une perte de balle de Piatti à l’entrée de la surface de Columbus et une passe plus tard, Meram dépassait facilement un Duvall complètement vidé de son énergie (ce qui en soi devrait indiquer au joueur de ne pas monter si haut, ou devrait à tout le moins inciter le personnel d’entraîneur de l’avertir d’être plus conservateur), s’engouffrait dans un boulevard et le mal était fait.

On me dit que le match de samedi coïncidera avec l’anniversaire des Ultras Montréal. Il surviendra aussi trois jours après le 375e anniversaire de Montréal. Le temps serait venu de faire mieux. Beaucoup mieux. D’abandonner une fois pour toutes ce qui ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner. De favoriser un 4-1-4-1 avec tous ceux qui méritent d’être sur le terrain. D’arrêter de niaiser, quoi. Dix points en dix matchs, c’est largement insuffisant. Portland arrive en ville, et on enchaîne avec la Coupe des Voyageurs tout de suite après. Le réveil doit sonner.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer
Photo : Claude-André Fortin