Gabrielle Lambert, toujours vers l’est

Auparavant, c’étaient Marie Ève Nault et Rhian Wilkinson. Puis, ce fut Josée Bélanger. Aujourd’hui, pour trouver une joueuse de soccer qui représente le Québec ailleurs sur la planète, il faut se tourner vers quelqu’un qui a un profil moins connu. Je parle de la gardienne de but Gabrielle Lambert.

Son parcours commence en Montérégie, plus précisément à Saint-Hyacinthe. Tranquillement, elle migre vers l’est. D’abord à Trois-Rivières au niveau universitaire, puis à Québec en W-League. C’est de là que l’aventure qui l’amène encore plus loin à l’est, à Albi en D1 française, commence.

« C’est Helder Duarte qui avait des contacts avec le président de club d’Albi. Il m’a connu dans les rangs universitaires quand je jouais avec l’UQTR et quand je suis allée jouer avec le Dynamo. Alors c’est lui qui m’a appelé pour me demander si ça pouvait m’intéresser et j’ai saisi l’occasion. Parce qu’on ne sait jamais quand une chance comme ça va se représenter. »

Se retrouver avec un club de première division en France c’est une chose, mais pour quelqu’un qui évolue comme gardien de but, avoir la confiance de l’entraîneur et jouer régulièrement, c’en est une autre. À l’automne 2016, Gabrielle est la plupart du temps sur le banc. Elle ne se retrouve sur le terrain que pour les matchs de Coupe de France. Comble de malchance, l’aventure dans cette compétition est de courte durée. Albi subit la défaite à son second match et est éliminé.

Malgré tout, l’entraîneur finit par faire appel à Gabrielle au début de 2017, alors qu’Albi peine à récolter des points au classement. À son premier match, elle limite l’Olympique Marseille à seulement un but dans une défaite de 0-1. Puis, lors des trois matchs suivants, elle signe la victoire à deux reprises, les deux fois par jeu blanc, contre des adversaires directs dans le bas de tableau.

« C’est dur d’être à l’étranger et de ne pas pouvoir jouer, alors j’apprécie tous les matchs que je joue et je profite de chacun d’eux. L’autre gardienne est très bonne aussi, alors ça me pousse à me dépasser à chaque entraînement et chaque match pour garder ma place. Je suis une compétitrice dans l’âme, alors c’est certain que je veux tout faire pour que l’équipe gagne. »

Malgré un petit relâchement une fois la possibilité de la relégation écartée, Albi peut être satisfait de sa saison. Avec un genou au sol, le club a su se relever. Selon Gabrielle, plusieurs facteurs expliquent ces bons résultats en deuxième moitié de saison.

« Le staff a fait un bon recrutement pendant Noël pour aller chercher les éléments qui nous manquaient, particulièrement offensivement, ça fait une bonne différence. On a marqué beaucoup plus de buts que dans la première moitié de saison, ça aide pour gagner des matchs. Toutes les filles travaillent tellement fort dans l’équipe. On n’est pas comme les gros clubs, comme le PSG ou Lyon, où toutes les filles sont payées pour jouer. Nous, la majorité des joueuses vont encore à l’école ou elles travaillent. Je pense qu’on a repris le plaisir de jouer en deuxième moitié de saison et on voulait vraiment aller chercher le maintien pour prouver que même si on n’a pas une structure professionnelle, on est capables de compétitionner. »

Maintenant que la saison est terminée, la gardienne originaire de Saint-Hyacinthe regarde vers le futur. Pour l’instant, un retour à Albi est fort probable.

« J’ai déjà entamé les discussions avec le président et j’aimerais bien rester à Albi une saison de plus. Le niveau est très bon et je pense que je m’améliore beaucoup ici, alors côté soccer, c’est un plus. »

Et si on regarde plus loin et qu’on lui demande si une place en équipe nationale est une possibilité selon elle, Gabrielle Lambert répond de façon réaliste.

« Je sais que deux joueuses de l’équipe canadienne (Kadeisha Buchanan à Lyon et Ashley Lawrence à Paris) ont rejoint le championnat français, alors peut-être que le coach aura un œil plus attentif sur ce qui se passe ici. C’est sûr que je serais très heureuse de recevoir une convocation, mais je ne me concentre pas sur cela pour l’instant. »

Espérons que John Herdman soit bel et bien à l’écoute, et que Gabrielle reçoive sa chance. Ce serait plus que mérité.

Ludovick Martin
@LeKurosawa
Photo : Fred LG