L’impact de Valerio Gazzola… avant l’Impact

Avant d’occuper le poste d’entraîneur-chef avec l’Impact de Montréal pour la première fois en 1994, Valerio Gazzola s’est distingué en tant qu’entraîneur à temps plein dans les rangs juvéniles. Les postes rémunérés étaient rares à ce niveau à l’époque.

En fait, Gazzola a été le premier entraîneur à temps plein dans l’histoire de l’Association régionale de soccer Concordia, à la fin des années 1980. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu d’être inclus dans le premier groupe à être intronisé dans le tout nouveau Temple de la renommée du soccer Montréal-Concordia, le 19 mai dernier, en compagnie d’un autre grand nom dans l’histoire de l’Impact, Mauro Biello.

Il y a 30 ans, gagner sa vie en tant que technicien de foot signifiait qu’on était pas mal un homme à tout faire. Directeur technique et entraîneur de terrain n’étaient pas deux postes distincts, comme c’est souvent le cas de nos jours au Québec, mais des tâches qui incombaient à la même personne.

« Le jour, je travaillais pour l’ARSC auprès des clubs. J’étais comme un directeur technique, à mettre des programmes sur pied. Et le soir, j’avais mon équipe dans la Ligue majeure juvénile du Québec, le club de l’ARS ayant plusieurs équipes juvéniles, explique Gazzola. Je m’occupais des entraînements, j’allais voir chacune des équipes, je m’occupais de l’encadrement des entraîneurs. »

Dans un sport qui était axé sur le bénévolat, autant au niveau de l’administration que du technique, et dont les postes rémunérés se limitaient grosso modo à ceux qu’il y avait à la Fédération de soccer du Québec, l’ARSC a été à l’avant-garde de la révolution dont nous commençons à voir les résultats aujourd’hui grâce à la clairvoyance de Dino Madonis, alors président de l’ARSC, et de Francis Millien, alors membre-clé du comité technique de l’ARSC.

« Et il y avait aussi Jean Bernier, ajoute Gazzola, en parlant du père de Patrice Bernier. Ils avaient une vision à long terme, ils ont réalisé que les clubs juvéniles avaient besoin de techniciens à temps plein et qu’il fallait faire les premiers pas pour y arriver. »

Madonis est devenu président de la FSQ par la suite, continuant alors de travailler étroitement avec Millien et Bernier, si bien qu’ils ont transposé leur philosophie à l’échelle provinciale, mettant en place une véritable structure de club, avec des techniciens rémunérés à temps plein.

« Ils ont d’abord été des entraîneurs eux aussi et on est chanceux qu’ils soient devenus des administrateurs, parce qu’on a eu droit à des administrateurs qui ont compris qu’il faut être au service du technique, note Gazzola. Parce qu’au soccer, il faut être au service des joueurs et ça, ça passe par le technique. »

Et la différence entre un coach bénévole à temps partiel et un entraîneur rémunéré à temps plein, c’est souvent la différence entre un entraîneur qui fait le minimum vital pour se maintenir à flot et un coach qui peut non seulement faire progresser son équipe, mais aussi faire avancer son sport.

Et aujourd’hui…
Gazzola, qui a aussi été agent technique à la FSQ, a été le premier directeur du Centre national de haute performance et a été entraîneur adjoint avec le FC Supra, entre autres, a donc fait un peu de tout et il estime que les directeurs techniques devraient faire de même à l’heure actuelle, question de se tenir à jour.

« Un directeur technique doit faire les deux, de l’encadrement et diriger une équipe. Je trouve que nos meilleurs techniciens ne le font pas assez en ce moment », dit Gazzola, qui demeure encore au cœur de l’action à ce jour en tant que formateur d’entraîneurs, autant à la FSQ qu’à l’Association canadienne.

La formation, justement, est un élément crucial dans le cheminement d’un entraîneur. Mais il faut que cette formation soit dynamique.

« Il faudrait qu’il y ait un contrôle de la qualité du travail que fait l’entraîneur. Il faudrait l’évaluer pour l’amener à s’améliorer, pour s’assurer qu’il continue d’être à la hauteur des standards », dit Gazzola, qui continue justement de se ressourcer en travaillant régulièrement comme entraîneur – avec l’équipe canadienne U-20 en 2014, par exemple.

Permettre aux entraîneurs d’aller le plus loin possible dans leur cheminement est crucial, car c’est qui ce permettra à nos joueurs de devenir meilleurs, selon Gazzola.

« Si tu n’a pas du coaching de qualité, tu n’auras pas de joueurs de qualité, souligne-t-il. Il faut vraiment mettre l’accent sur la profession de technicien, et ça presse, parce que les joueurs n’ont pas le temps d’attendre qu’un entraîneur soit (mieux) formé. »

Au Temple de l’ARSC
Gazzola a été intronisé au Temple de la renommée du soccer Montréal-Concordia à titre d’entraîneur et Biello l’a été en tant que joueur. Les autres intronisés en 2017 sont Tony Loffreda et Luciano Gidari (administrateurs), Micchele Facchino (bénévole), Nsimba Diakese (arbitre) ainsi que le regretté Antonio De Palma (ami du soccer).

L’ARSC a par ailleurs profité de la mise sur pied du Temple de la renommée pour y introniser également les personnes ayant des liens avec la région qui faisaient déjà partie du Panthéon de la FSQ, soit Nick Albanis, Jean Bernier, Pascal Cifarelli, Italo DiGioacchino, Nick Filippone, Tasso Koutsoukos, Tino Lettieri, John Limniatis, Dino Madonis, Dominique Maestracci, Robert Millien, Andy Onorato et, à titre posthume, Brigitte Frot, Tony Como, Antoine Craan, Elio Mandrossi, Dino Soupliotis, Frank Zimmerman, Val Zimmerman et Ilidio Matos.

Marc Tougas
@TougasMarc