Montréal-Vancouver : Trois constats sur l’Impact

L’Impact de Montréal s’est compliqué la vie, mais est parvenu à se défaire des Whitecaps de Vancouver pour accéder à la finale de la Coupe des Voyageurs. Un match qui met une fois de plus en évidence les lacunes de l’équipe de Mauro Biello. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Un Montréal qui voulait gagner, contre un Vancouver qui ne voulait pas
D’un côté, l’Impact de Montréal voulait remporter ce match et poursuivre son périple en coupe. De l’autre, les Whitecaps de Vancouver ont abordé la série en touristes et ont accéléré le rythme uniquement quand ils ont cru qu’il y avait peut-être un coup à jouer. C’est ainsi que Mauro Biello a mis sa « grosse » équipe sur le terrain pour le match retour, tandis que Carl Robinson a une fois de plus titularisé son équipe réserve… et Brek Shea. Au final, si Robinson avait titularisé Davies pour ce match retour, le résultat aurait pu être différent tant le jeune prodige de Vancouver a tourmenté la défense montréalaise après sa montée. Inquiétant.

2) Ça nous rappelait le 14 mai 2014
La morphologie du match était presque identique, les émotions étaient les mêmes. En 2014, contre Edmonton, l’Impact, malgré un départ fulgurant, avait ralenti puis ramé jusqu’à la dernière seconde pour se qualifier grâce à un généreux penalty accordé en toute fin de match. Contre Vancouver, c’était sensiblement la même chose : l’Impact était en contrôle et survolait le match, puis a subi un étrange passage à vide. Dans le deux cas, le match a été beaucoup plus compliqué qu’il n’aurait dû l’être. D’accord, se compliquer la vie est un peu la marque de commerce de cette équipe depuis quelques saisons. D’ailleurs, pour rappel, ce match contre Edmonton avait été le début d’une longue épopée qui s’était terminée en finale de la Ligue des champions…

3) L’Impact en grosse désorganisation défensive en fin de match
Il n’y a rien à faire, dès qu’on met quelqu’un à côté de Donadel devant la défense, rien ne va plus. On l’a encore vu lors de ce match, quand Donadel est passé de sentinelle à vulgaire portier après la montée d’Arregui. Le système à deux milieux défensifs devant la défense crée plus de problèmes qu’il n’en résout : ça ne fonctionne simplement pas. Qui plus est, si Biello a eu la présence d’esprit de faire monter Lovitz dans le couloir gauche et de muter Piatti dans l’axe pour mieux contrer les assauts de l’insaisissable Davies, un autre gros problème se situait sur la droite, puisque Brek Shea y a touché plus de ballons dans les 15 dernières minutes de jeu qu’il n’en a touché de toute sa carrière. L’homme au physique de parcomètre pesait lourd sur la défense montréalaise, profitant du manque d’énergie de Duvall et de l’absence mentale et physique d’Oduro. Tout passait par là. Tout. N’aurait-il pas été plus sage de passer à une défense à cinq en faisant monter un autre défenseur central, en l’occurrence Camara, pour colmater les brèches?

Ce fut difficile et inutilement compliqué, mais l’Impact a finalement décroché sa place en finale de la Coupe des Voyageurs, contre un adversaire à déterminer entre Ottawa et Toronto. S’il vous plaît, Dieux du foot, accordez-nous ce déplacement à Ottawa dont nous rêvons depuis si longtemps…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer