Orlando-Montréal : Trois constats sur l’Impact

La saison s’est poursuivie avec un match décousu à Orlando, parti en vrille en première mi-temps, dans le plus pur style de l’Impact version 2017. Malgré tout, Montréal ramène un « bon » point de la Floride. Si on veut… Voici mes trois constats sur ce match.

1) L’Impact aime se compliquer la vie
Il en aura fallu du temps à Mauro Biello et ses collègues pour enfin trouver un peu de stabilité en défense. La blessure de Victor Cabrera aura au moins eu ça de bon : la montée en puissance de Kyle Fisher, venu solidifier la brigade défensive montréalaise. Mais à l’Impact, on n’aime pas ça quand c’est facile. Et donc, après avoir trouvé une recette qui semblait fonctionner, on a décidé de lancer un nouvel ingrédient dans la soupe : la défense à 5. Après un match difficile au résultat presque miraculeux à Kansas City, Biello retentait l’expérience du 5-3-2 à Orlando. Désastre. Camara en porte tournante, Cabrera et Ciman qui font les mêmes gestes en même temps, et étrangement, contrairement à ce qu’on voyait avec la défense à quatre et qui était le talon d’Achille de l’équipe, des latéraux somme toute peu portés vers l’avant, alors que le système l’imposait pour être efficace. N’eût été déhanchements salvateurs de Nacho, la soirée aurait été très longue.

2) Bush coûte deux points
Si le gardien américain avait montré des signes de progression en début de saison, il connaît des ratés depuis plusieurs semaines. Mais à Orlando, il a atteint le summum du négatif sur le second but des locaux. Tout d’abord, Bush se troue sur le tir relativement facile à arrêter de Johnson, mais ensuite, il semble aspiré dans un trou noir, dans un univers parallèle auquel lui seul peut accéder. Bush ignore totalement que Ciman, bien posté sur la ligne de but, repousse le tir de Johnson. Pour Bush, c’est fini : il a encaissé, c’est 2-1, il se plante la tête dans le gazon et pleure probablement un peu d’avoir été si faible. Sauf que le ballon n’est pas dans son but. Il est en jeu. Devant un gardien couché par terre plutôt que debout pour l’affronter, Rivas n’hésite pas et pousse facilement le ballon au fond du filet. Avec un gardien un tant soit peu plus au fait de ce qui se passait autour de lui, l’Impact aurait plus que probablement ramené trois points dans ses valises. Inconcevable de voir une telle séquence à ce niveau. Pour ma part, c’est la première fois que je vois un professionnel agir de la sorte.

3) L’Impact ne méritait pas plus
En regardant le calendrier en début de saison, si l’Impact avait su qu’il ramènerait un point d’Orlando, il aurait sans doute été satisfait. Par contre, avec les déboires (ou boires?) de Larin et l’inespérée charge du Commandante Nacho, on sait qu’il y avait place pour faire mieux. Ce but encaissé dans les arrêts de jeu, sur phase arrêtée encore une fois, laisse un goût amer et l’impression d’avoir perdu. Or, à la lumière de la première mi-temps catastrophique du Bleu-Blanc-Noir, on se dit qu’au fond, ce point n’est pas si mal. L’Impact méritait-il la victoire? Pas vraiment. Pas du tout. Peu importe. Mais une chose est sûre : quand on se complique la vie, c’est difficile d’espérer mieux. Cela étant dit, l’Impact reste sur deux victoires et deux nulles à ses quatre derniers matchs. Résultats positifs, manière peu orthodoxe. De tout pour gagner à tous pour gagner à n’importe comment pour un match nul. Tout est possible avec l’Impact.

Cap sur l’importantissime (pour certains) finale de la Coupe des Voyageurs, entrecoupée d’un déplacement à Columbus. Une belle séquence de trois matchs à confier à Maxime Crépeau. À mon avis, du moins…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer