Columbus-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Aïe. L’Impact reçoit un coup droit au cœur et tombe lourdement lors d’un match « de six points » à Columbus. Est-ce la fin de l’expérience 5-3-2? Voici mes trois constats sur ce match…

En fait non. Cette fois, je ferais une petite entorse aux trois constats et analysant plutôt les trois constats faits par Dzemaili, Camara et Biello après le match pour expliquer la défaite.

1) C’est pas le système, c’est la façon dont l’Impact a joué…
Selon Blerim Dzemaili, il faut plutôt regarder du côté de la façon dont l’Impact a joué pour expliquer cet effondrement. De fait, le 5-3-2 n’est pas en cause et ne le sera jamais si on estime que ce sont les joueurs qui appliquent ou non les principes qui permettent à ce système de fonctionner. Comme je le disais lors des derniers matchs, sans un apport continuel des défenseurs latéraux en attaque comme en défense, difficile de mettre un œuvre un réel 3-5-2. Les lecteurs les plus perspicaces auront constaté que j’ai tout d’abord fait référence à un 5-3-2 dans le présent texte. Normal, puisqu’en étant timides dans l’apport offensif, les latéraux transforment le système en un 5-3-2. Cependant, Biello, lui, fait souvent référence à un 3-5-2. Blerim a donc raison.

2) C’est pas le système, c’est le manque d’animation…
Quant à Hassoun Camara, il pointe en direction du manque d’animation pour expliquer les ratés du système. De fait, ça manque de poids en attaque. Malheureusement pour Camara, il faut encore une fois regarder du côté des latéraux pour l’expliquer. En ne se projetant pas systématiquement vers l’avant, les latéraux font en sorte qu’à nombre de reprises, Dzemaili (la plupart du temps) se retrouve en possession de la balle, mais en manque d’options offensives. Personne à droite, personne à gauche, juste deux hommes devant, qui tentent de trouver des espaces dans la défense. Dzemaili doit donc, trop souvent, attendre que le reste du bloc monte. Hassoun a donc raison (mais c’est en partie de sa faute).

3) C’est pas le système, c’est la fatigue…
Du côté de Mauro Biello, le constat est différent : les joueurs étaient fatigués et ont manqué de jus en fin de match. De fait, les deux buts qui ont cassé l’Impact sont venus quand Camara puis Duvall, ont été lents à réagir en raison de leurs jambes lourdes et de leur concentration qui commençait à faire défaut. Par contre, dans ce cas-ci, puisque le commentaire vient de l’entraîneur, il convient de se poser des questions : le système employé, qui demande beaucoup de ressources aux latéraux, était-il le bon choix? Aurait-il mieux fallu revenir à une défense à quatre, et faire tourner l’effectif en titularisant des joueurs plus habitués à l’ancien système, histoire de reposer les vieilles jambes? Accessoirement, sachant qu’il faudrait se trouver un autre latéral gauche mardi à Toronto (Duvall étant suspendu), n’aurait-il pas été de mise de faire jouer le nouvel élu à Columbus, ce qui aurait évité à Duvall de participer à un quatrième match en deux semaines? Bref, Biello a raison de pointer la fatigue, mais dans ce cas-ci, le système est en partie responsable des problèmes…

Beaucoup décrient l’utilisation de la défense à 3 (à 5?), pour diverses raisons. Oui, ça manque d’animation. Oui, l’Impact est trop léger en zone adverse. Oui, ça peut être pénible à regarder. Mais, non, ce n’est pas la faute du système. Tout réside dans l’application des principes, qui sont pour le moment mal assimilés.

Mais ce système, qu’il réussisse ou non, a une énorme faille qui nous ramène au manque d’animation décrié : celle de laisser Ballou sur le banc.

Visite éclair à Toronto. 5-3-2 ou pas 5-3-2? Coupe ou pas coupe?

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer