Toronto-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Elle était au bout de ses doigts, mais l’Impact a laissé s’échapper sa dixième Coupe des Voyageurs, dans un match en apparence plus équilibré que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Giovinco fait pour une fois la différence contre Montréal et envoie les Reds en Ligue des champions. Voici mes trois constats sur ce match.

1) L’Impact perd trop de ballons
Comme je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises dans les dernières semaines, les joueurs de l’Impact sont trop peu précis dans leurs passes. Que ce soit à cause de gestes précipités en raison d’une tendance à jouer vite (pourquoi?) ou de passes simplement mal ajustées, l’Impact redonne trop facilement le ballon à son adversaire. Et quand ce n’est pas ça, c’est la chute fasse au pressing adverse. Contre Toronto, ce fut encore une fois un festival de balles perdues qui a mis la défense inutilement sous pression à maintes reprises. Contre une équipe comme Toronto, ça finit toujours par se payer cash. C’est d’ailleurs une autre perte de balle qui a mené au but fatidique. Qu’on m’explique pourquoi Ballou était plein axe à 40 m de son but, balle au pied, alors qu’il restait quelques secondes avant les prolongations…

2) Toronto a bien géré sa seconde mi-temps
Tout entraîneur adverse qui se respecte sait deux choses à propos de l’Impact : 1) l’Impact ne sait pas faire le jeu et 2) l’Impact se fatigue vite en deuxième mi-temps. Et Greg Vanney ne fait pas exception. Une fois l’égalisation obtenue grâce à un but de Giovinco à la 53e minute, on a vu le Toronto FC se replier et attendre l’Impact pendant une bonne partie de la seconde période. De fait, l’Impact n’a pas été une grande menace pour le gardien Irwin; seulement deux tirs non cadrés à rapporter pour les hommes de Biello en seconde mi-temps. Qui plus est, on a commencé à voir des signes de fatigue, notamment chez Camara, qui a dû s’asseoir sur la pelouse à quelques reprises à compter de la 65e minute, et chez Piatti, sorti sur blessure après avoir passé une grande partie de la deuxième mi-temps très bas sur le terrain en soutien à Fisher. Puis, avec environ 10 minutes à jouer, Vanney a ouvert les vannes et ordonné à ses joueurs, plus frais, d’augmenter la cadence. On connaît la suite.

3) Crépeau a retardé l’échéance
Alors que les débats sur l’efficacité d’Evan Bush commencent à être de plus en plus fréquents, son adjoint a bien failli voler la Coupe des Voyageurs à Toronto. Bien appuyé par une prestation défensive magistrale de Ciman et un retour au jeu enflammé de Cabrera (qui doit sans aucun doute sentir le besoin de regagner sa place), le portier de Greenfield Park a sorti quelques arrêts clés; ses mains sûres, ses encouragements constants et sa vivacité d’esprit ont certainement contribué à solidifier la confiance de ses défenseurs. Sans ses interventions, le couperet serait probablement tombé bien plus tôt qu’à la 95e minute. Une solide prestation qui arrive au mauvais moment pour l’Impact, puisque Crépeau prend le chemin de la Gold Cup avec l’équipe nationale. Sans ça, Biello aurait pu difficilement ignorer son jeune gardien lors des prochains matchs de championnat…

Évidemment, le gros sujet de conversation immédiatement après le match concernait la prestation d’une médiocrité abyssale de l’arbitre Dave Gantar. Certes, on peut se demander comment l’arbitre albertain peut à la fois porter l’écusson de la FIFA et arbitrer de la sorte. Cependant, au lieu de s’en prendre au travail des officiels, Mauro Biello ferait mieux de se pencher sur ses propres décisions. Quand on pointe la fatigue de ses joueurs pour expliquer une lourde défaite subie trois jours avant le match retour d’une finale de coupe, il y a quelque chose qui ne va pas dans la gestion de l’effectif.

Retour au championnat. L’Impact a quelques mois pour tranquillement remonter au-dessus de la ligne et « faire les séries », ce qui semble de toute façon être l’objectif principal de l’équipe, saison après saison. Pas de stress dans l’univers bleu-blanc-noir. C’est l’été, on se la coule douce. De toute façon, cette équipe ne joue que lorsque ça compte vraiment. À samedi pour un « gros » match contre DC, selon ce qu’on nous dit…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer