Montréal-Dallas : Trois constats sur l’Impact

L’Impact de Montréal s’est incliné logiquement devant l’une des meilleures formations de la Major League Soccer. L’écart avec le FC Dallas était évident et jamais on n’a senti Montréal en mesure de faire le poids. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) La désorganisation coûte de plus en plus cher
S’il y a un thème récurrent dans la saison 2017 (pour ne pas dire dans les deux dernières saisons) de l’Impact de Montréal, c’est bien celui de la désorganisation généralement causée par une grande variation dans le onze de départ. Ça a l’air très difficile sur le terrain, à un point tel que parfois, on se demande si les joueurs alignés ont déjà joué ensemble. C’est encore plus criant lorsque l’Impact affronte une équipe comme le FC Dallas, aux antipodes du onze montréalais en matière d’organisation. Dallas avait un plan, ce plan était clair pour tous les acteurs concernés et les étapes pour le mettre en œuvre étaient bien assimilées. Que ce soit dans l’utilisation de la vitesse pour étouffer les défenseurs latéraux ou dans l’appui toujours opportun des latéraux texans, chacun savait quoi faire et quand le faire. Le résultat final n’est donc pas le fruit du hasard. À l’opposé, souvent, quand l’Impact gagne, généralement sur un coup de génie d’un de ses meilleurs éléments, on dirait que ça tombe un peu du ciel. Système, organisation et plan. Approximation, désorganisation et improvisation. Le mois de juillet se termine et l’Impact a de moins en moins le luxe d’attendre pour resserrer les boulons et trouver une certaine cohésion.

2) Ce match n’était pas une priorité
Cependant, il ne faut pas non plus se taper la tête sur les murs à la suite de cette défaite. Elle semblait même prévue. Quand on joue trois jours après un important match contre Philadelphie, contre une des meilleures équipes de la conférence ouest par surcroît, il faut établir ses priorités. De toute évidence, c’est sur le match contre Philadelphie que Biello avait misé ses billes. Le onze de départ contre Dallas le laissait clairement paraître : Ciman et Piatti ménagés, Bernier en joker, Mallace lancé dans la mêlée et Cabrera utilisé pour sa « fraîcheur ». Tout indiquait que Biello préférait mettre les gros efforts sur le match précédent et sur les quatre matchs suivants, tous contre des équipes de l’est. Logique.

3) L’Impact est coincé dans sa moitié de terrain
On savait déjà que l’Impact peine à faire le jeu. Mais lors de deux derniers matchs, le nombre de passes effectuées (et parfois ratées) dans sa propre moitié de terrain a battu des records. On comprend bien le concept de « bâtir à partir de l’arrière », mais force est de constater que ça ne marche pas très bien pour les hommes de Biello, et à plus forte raison quand on ne peut compter sur la précision des relances de Laurent Ciman. Le jeu des hommes de Biello est devenu trop prévisible (on passe par les flancs!) et donc trop facile pour les adversaires, qui se contentent de bloquer les angles de passes et de regarder l’Impact faire tourner le ballon dans sa moitié de terrain en quête d’illumination. Le Bleu-Blanc-Noir gagnerait à tenter une approche plus directe, bref, à moins chercher la sécurité. Comme Dallas, quoi.

Le mécontentement qui régnait chez les supporters après le match était pour le moins étonnant. S’il manquait quelques joueurs clés du côté des visiteurs, le FC Dallas reste une puissante machine bien huilée. La différence de niveau entre les deux clans était déjà criante avant le match, et elle a été clairement illustrée pendant les 90 minutes avec une partie des cadres sur le banc. Des fois, il faut simplement accepter qu’il y a des matchs qui seront très difficiles, voire impossibles à gagner, même à domicile. L’Impact de Montréal ne fait pas partie des meilleures équipes de MLS. C’est comme ça.

Direction New Jersey, pour une autre palpitante visite à notre ami Felipe et ses collègues taureaux.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer