Gold Cup 2017 : vers une première pour la Jamaïque?

Il n’en reste que deux. D’un côté, les Américains et leur résilience, de l’autre, les Jamaïcains et leur vitesse. Aperçu des finalistes qui s’affronteront ce soir à Santa Clara, en Californie.

Oh Deuce can you see?
« Oh, no. » C’est-ce qu’ont dit à haute voix les journalistes costariciens présents en tribune de presse quand Bruce Arena a fait monter Clint Dempsey en seconde mi-temps de la demi-finale face au Costa Rica. Quelques minutes plus tard, le Deuce slalomait joyeusement entre les milieux adverses puis servait une superbe balle de but à Altidore (1-0) avant d’enrouler un coup franc autour du mur pour briser définitivement les reins des Ticos (2-0). Dempsey a littéralement fait la différence dans un match jusque-là plutôt équilibré. Depuis le début du tournoi, les États-Unis ont de la difficulté à faire le jeu et à s’imposer clairement face à leurs adversaires. Si les choses prennent du mieux, le manque de cohésion est encore bien présent dans leurs rangs. Bruce Arena sera-t-il tenté de titulariser son joker, quitte à ne pas compter sur une relève aussi percutante si le besoin s’en fait sentir en seconde période?

Du reggae au speed metal
Quand on pense au Reggae, où à la Jamaïque en général, on pense évidemment à un tempo relax, à un rythme décontracté, à la lenteur des après-midi sur les plages de Golfe du Mexique. Et c’est un peu le tableau quand la Jamaïque défend. On ne panique pas. On se permet même de contrôler le ballon dans la surface de réparation. Cool, man. Par contre, quand on passe en mode contre-attaque, c’est plutôt dans l’univers du speed metal qu’on se transporte. Ça dévale le terrain à un rythme effréné, c’est puissant, grisant, c’est un peu difficile à suivre… et souvent peu efficace. Ce manque d’efficacité dans le dernier tiers est carrément irritant. Idéalement, il faudrait aux attaquants un peu de cette quiétude que l’on retrouve en défense. L’entraîneur Theodore Whitmore saura-t-il trouver le moyen de rendre ses attaquants plus lucides?

Cette finale est clairement l’occasion rêvée pour la Jamaïque de remporter son premier titre continental, deux ans après avoir baissé pavillon face au Mexique. Le manque de cohésion des États-Unis sied parfaitement aux Reggae Boyz, qui pourraient profiter de pertes de balle des Américains pour mettre à profit leur vitesse en reconversion rapide et s’échapper avec le trophée. Si les hommes d’Arena prennent du mieux match après match et semblent ne jamais manquer d’énergie, ils devront toutefois trouver le moyen de percer la muraille Andre Blake, jusqu’ici meilleur gardien du tournoi, et de loin. Une grande finale qui s’annonce fort intéressante.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer