New York RB-Montréal : Trois constats sur l’Impact

L’Impact de Montréal a visité le fond du baril au Red Bull Arena. Quand on touche le fond, on dit toujours qu’on ne peut que remonter. Ce n’est pas entièrement vrai. On peut aussi y rester. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) Ça allait trop vite pour l’Impact
Clairement, Jesse Marsch a compris ce qui ne va pas avec l’Impact de Montréal. La majorité des mauvaises prises de décision des hommes de Mauro Biello sont le fait de la précipitation ou du manque de concentration. Pour mettre à mal l’Impact, une pression haute sur le terrain peut faciliter les choses. Mais ne jamais s’arrêter de jouer peut carrément faire des miracles. Quand le Bleu-Blanc-Noir n’a pas le temps de réfléchir, il sombre. Quand Ciman n’a pas le temps de diriger sa défense, tout s’effondre. Et quand les jambes fatiguées des milieux montréalais ne leur permettent plus de se replacer rapidement, le milieu de terrain vous appartient. Alors, il faut jouer vite. Ne pas attendre pour remettre le ballon en jeu sur un coup franc, sur une touche. Garder la balle en mouvement tout le temps. Aucune pause. En plus, l’Impact est une équipe qui s’essouffle très vite. Raison de plus de jouer vite et de courir, tout le temps, sans relâche. Il faut provoquer la chute. L’Impact a cassé et est tombé, rapidement. L’indésirable Jesse a gagné.

2) Le manque de cohésion est ahurissant
« On dirait qu’ils n’ont jamais joué ensemble. » Ce commentaire souvent lu et entendu de la part des supporters était on ne peut plus vérifiable samedi au New Jersey. L’Impact a réussi 60% de ses passes. C’est presque une passe sur deux qui est ratée. On s’approche dangereusement des statistiques qu’on pourrait relever dans une ligue mixte du dimanche soir. À ce stade-ci de la saison, avec un noyau qui s’entraîne ensemble depuis plusieurs années et qu’on a décidé de ne pas modifier durant la saison morte, c’est incompréhensible. Pire encore, la situation semble se dégrader…

3) L’Impact est à la dérive
Il faut bien finir par se faire à l’idée : rien ne va plus pour l’Impact. On pourrait regarder les trois derniers matchs et constater la courbe descendante de l’équipe (moyenne contre Philadelphie, mauvaise contre Dallas, absente contre les Red Bulls), mais il s’en trouverait encore pour dire : « Oui, mais ce ne sont que trois matchs, on est à huit points de la ligne rouge, on a des matchs en main, alouette. ». Mais les lunettes roses, ça suffit! Ça ne va pas depuis 2016. La spirale descendante a été brièvement stoppée puis inversée en séries l’an dernier, mais, comme je l’ai déjà mentionné quelques fois dans cette chronique, cette séquence victorieuse de fin 2016 est le bon vieil arbre qui cache la forêt. La tendance actuelle est présente de longue date et on ne semble pas posséder les outils nécessaires pour redresser le cap. Et si, comme en 2016, les pièces tombent magiquement en place dans la dernière ligne droite et que l’Impact se qualifie pour les séries, cela n’effacera pas le problème. La méthode est à revoir. Maintenant. En fait, il faut réévaluer tout (et tout le monde) pour éviter d’avoir à recommencer sur les mêmes bases en 2018.

Après le match, on ne s’est pas caché pour dire qu’on avait été « nuls ». On s’est même empressé de s’excuser auprès des supporters. Ça ne suffit plus. Si la prise de conscience est collective, la solution doit également l’être. Sauf que sur le terrain, personne ne semble concerné par ce qui se passe. Ciman est hors position après un tacle et tarde à se replacer, personne ne le couvre, Royer s’en va seul au but sur la touche qui suit. Dzemaili parvient pour une rare fois à garder le ballon, personne ne s’offre en option, l’Impact perd la balle. On balance une passe approximative en se disant que notre coéquipier s’arrangera avec, l’adversaire gagne un ballon facile. Tout ça pue le manque de concentration et ce manque de concentration découle, à la base, d’un manque d’engagement. Si personne ne rame, le bateau dérive.

Soulignons toutefois le travail de Maxime Crépeau qui, bien qu’à la faute sur le premier et le quatrième but, a offert une performance encourageante. S’il n’en tenait qu’à moi, cela lui garantirait (beaucoup) plus de minutes d’ici la fin de la saison. Autrement, il convient de féliciter Fisher et Ciman qui semblaient être les seuls joueurs présents sur le terrain du côté montréalais. Certes, si ce dernier se fait prendre en flagrant délit de bavardage sur la séquence qui mène au penalty sur Royer, il a toutefois anticipé et stoppé un nombre incalculable d’attaques adverses tout au long du match. Fisher quant à lui, a offert une autre solide performance, notamment en limitant l’apport de Wright-Philipps, et n’a jamais démontré le moindre relâchement malgré le fiasco qu’était ce match. Cette paire solidifie encore une fois son statut et nous rappelle qu’on se demande vraiment ce que Deian Boldor peut bien venir faire à Montréal…

Orlando, samedi, au stade Saputo. Gagne ou crève. Le choix leur appartient.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer