Montréal-Orlando : Trois constats sur l’Impact

Un stade comble, une ambiance des grands soirs, une victoire méritée, on se serait presque cru en séries. Dans le fond, peut-être que l’urgence est la même. Les résultats c’est maintenant, pas le choix. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) Les cadres ont dicté le ton
« On se devait d’élever notre niveau, c’est ce que le coach a demandé aux plus anciens, aux leaders. » C’est ce que Ciman avait à dire après le match. De toute évidence, le message a été entendu. Autant Ciman que Piatti, Bernier et Dzemaili ont pris leurs responsabilités et ça a grandement paru. On a notamment revu le grand Ciman de 2015, qui s’est dressé à répétition comme un mur devant Dwyer et Larin (qui en ont sûrement fait des cauchemars). Et évidemment, on a eu droit à un nouvel épisode du Nacho Show. Le très remuant Piatti a tourmenté la défense des mauves comme il l’avait fait à Orlando plus tôt cette saison. Les pauvres défenseurs floridiens doivent être contents de ne plus avoir à affronter les Montréalais cette saison… à moins que… Mais si le Belge et l’Argentin ont clairement été les grandes vedettes de ce match, l’apport de Bernier et de Dzemaili a permis de solidifier l’axe du milieu de terrain et a laissé très peu de marge de manœuvre à Kaká. À ce chapitre, il faut noter aussi une bonne prestation de Donadel, malgré quelques ratés dans la distribution (et dans les passes au gardien).

2) L’Impact a profité d’une meilleure distribution
Un des gros problèmes de l’Impact au cours des dernières semaines était son incapacité à se projeter vers l’avant, en grande partie à cause d’une quantité effarante de passes ratées. Samedi, les hommes de Biello semblaient plus affûtés, mais aussi plus enclins à s’offrir en option et à jouer « simple ». Une façon de faire qui a porté ses fruits, malgré une contribution encore trop timide de Mancosu et Oduro qui ont toutefois pris un peu, mais pas suffisamment, de mieux. Même si ce n’était pas parfait, l’Impact était en mesure de jouer beaucoup plus dans le deuxième tiers du terrain que lors des derniers matchs. Comme je le mentionnais au point précédent, un des seuls qui ne semblait pas avoir ajusté son jeu était Donadel. L’Italien a gaspillé plusieurs ballons en première mi-temps alors qu’il semblait jouer avec des amis imaginaires, mais tout a été effacé avec sa lumineuse passe dans la course de Dzemaili qui a mené directement au but de la victoire de Jackson-Hamel. Du grand art. Bref, une prestation encourageante pour les Montréalais sur le plan de la distribution, malgré quelques déchets.

3) Bush a encore fait n’importe quoi sur une sortie
Puisqu’on parle de Donadel dans les deux premiers constats, parlons-en dans le troisième aussi. Le milieu italien est certes à la faute sur le but d’Orlando, mais son collègue Evan Bush doit au moins accepter 80% du blâme. Pressé par Larin (n’y avait-il pas une petite poussée fautive sur l’Italien, d’ailleurs?), le bon vieux Marco a tenté une téméraire passe acrobatique vers son gardien. Mais ce qui suit est indigne d’un gardien de niveau MLS. Ou de n’importe quel niveau en fait. Je l’ai déjà dit et répété, la règle est simple : quand un gardien sort, il doit toucher au ballon. Alors évidemment, quand le gardien n’essaie même pas de toucher au ballon, c’est à n’y rien comprendre. Dans ce cas-ci, Bush sort relativement bien, puis agit carrément comme s’il avait entendu l’arbitre siffler; il s’arrête, les pieds plantés au sol et lève les bras sans réelle conviction, comme si le jeu était arrêté, quoi. De quoi utiliser l’émoticône de bonhomme perplexe à profusion. Heureusement, cette fois-ci, et contrairement à cette fois-là et à celle-ci, ça ne coûte pas de points, grâce au travail acharné de ses coéquipiers. Au moins, diront certains, il n’aura pas eu l’air d’un gars saoul qui rate sa sortie de l’escalier mécanique dans le métro, comme Bendik sur le but de Jackson. What was that, Joe? Toutefois, il faut le dire, Bush s’est un peu racheté : sa sortie du poing face à deux adversaires un peu oubliés à la toute fin du match était de haut calibre. Mais émoticône de bonhomme perplexe quand même. Deux fois plutôt qu’une.

Il convient avant de conclure de souligner que le Caporal Cabrera a bien épaulé le Général Ciman. Une prestation très solide de l’Argentin, qui semblait gonflé à bloc, et qui lance le message à Biello qu’il ne faut pas encore jeter la serviette dans son cas. Bref, ça nous rappelle qu’on se demande vraiment ce que Deian Boldor peut bien venir faire à Montréal…

Direction Philadelphie. Match crucial dans la course aux séries. Guerre, feu, sang, trois points.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer
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