Philadelphie-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Une prestation défensive rassurante permet à l’Impact de Montréal de remporter un crucial duel dans la course aux séries de la Major League Soccer. Cet excellent résultat sur la pelouse de l’Union de Philadelphie serait-il le match référence pour les hommes de Biello? Il convient de prendre un peu de recul. Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) L’Impact a offert une solide prestation défensive
Personne ne courait sans but. Tout le monde était alerte. Personne n’en faisait trop. Personne n’en faisait pas assez. La chose la plus impressionnante de cette victoire ramenée de Philadelphie est sans aucun doute la discipline du bloc défensif. Patients, les Montréalais se sont assurés de bien rester groupés, évitant de sortir du bloc pour aller mettre de la pression inutilement, quitte a donner à Medunjanin un peu plus de temps avec le ballon qu’il n’en a besoin pour vous faire mal. Visiblement, on s’est dit que l’efficacité d’un Medunjanin avec le ballon ne pouvait qu’être inversement proportionnelle au nombre d’options de passe qui s’offraient à lui. Et donc, en muselant les Sapong, Pontius, Ilsinho et Picault, la tâche serait nettement plus compliquée pour l’homme en forme de l’Union. Pari gagné. Philadelphie n’a jamais vraiment pu s’approcher de la cage de Bush.

2) Une belle entrée en matière pour Piette
Sans surprise, tous les yeux étaient rivés sur Samuel Piette, la nouvelle recrue montréalaise. Et le médian défensif de Repentigny n’a pas déçu. Continuant sur sa lancée de la Gold Cup, Piette s’est follement amusé à casser les attaques adverses. Son apport défensif a permis de solidifier l’axe du milieu de terrain et de faire disparaître complètement Ilsinho. Fiable en relance, Piette ne s’est pas gêné pour jouer plus directement vers l’avant, ce qui faisait un bien fou au jeu vertical de l’Impact, et notamment à Dzemaili, qui recevait plus rapidement le ballon en transition. Cependant, avant de crier au génie, attention. Si Piette, porté par l’envie de bien faire à son premier match, était partout en première mi-temps, on l’a nettement moins vu en seconde période. De son propre aveu, le rythme soutenu du jeu en MLS nécessitera un temps d’adaptation. Une solide performance donc, mais qu’il faudra répéter dans la durée. Non seulement dans la durée d’un match pour commencer, mais aussi dans la durée d’une fin de saison difficile, qui plus est dans le cadre d’une cohabitation anticipée avec Marco Donadel. La combinaison de liberté et d’envie dont il a profité en première mi-temps à Philadelphie ne sera probablement pas toujours au rendez-vous. C’est là qu’on verra sa réelle capacité d’adaptation.

3) Bush enfin décisif
Puisqu’on pointe souvent Bush du doigt quand ça ne va pas, il serait injuste de ne pas le pointer du doigt quand ça va. À Philadelphie, on a vu une belle complicité dans le bloc défensif; presque tout était sous contrôle, et lorsqu’il y a eu des fuites, Bush est rapidement sorti les colmater, ce qui a vite rassuré tout le monde. Comme je l’avais illustré lors de ma précédente chronique, Bush semble avoir beaucoup de difficultés dans les sorties à un contre un cette saison. Pourtant, samedi, lorsque Ciman a chuté lors d’un repli défensif et que Sapong s’est joué de Cabrera dans la surface, Bush a tout de suite réagi et, contrairement à ses récentes sorties ratées, a foncé directement au ballon, ne laissant aucune chance à Sapong d’ajuster son tir. Et en seconde mi-temps, rebelote : quand Cabrera a été surpris par un haut rebond et que Fafa Picault s’est faufilé dans la surface, Bush est rapidement sorti à la rencontre de l’ailier et a bloqué la voie. Il s’agissait là des deux seuls tirs cadrés de Philadelphie durant le match. Deux gros arrêts de Bush, deux occasions où il a sauvé les meubles, chose plutôt rare cette saison pour le portier américain. Du beau boulot. Mais il en faudra plus, car pour le moment, c’est l’exception qui confirme la règle.

Certes, cet excellent résultat est un pas dans la bonne direction et pourrait très bien lancer l’équipe sur une belle séquence. Cependant, attention de ne pas sombrer dans un trop grand optimisme. L’Impact a aussi ressorti de vieux défauts durant le match, notamment sa faiblesse sur les phases arrêtées. Bon nombre de coups francs ou coups de pied de coin balancés dans la surface ont donné lieu à un gros stress parmi les joueurs montréalais, comme si personne ne prenait la responsabilité de sortir le ballon. Attention, donc, à ne pas ramener ce spectre à la maison mercredi prochain. Bien que le visiteur du jour, Chicago, soit plutôt mauvais sur phase arrêtée offensive, on se souviendra tout de même du premier but en MLS de Bastian Schweinsteiger…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer