Montréal-Chicago : Trois constats sur l’Impact

Un Impact fort bien organisé en défense et incisif en contre-attaque obtient une troisième victoire consécutive aux dépens du Fire de Chicago. Les pièces du casse-tête, aussi évident fût-il, sont-elles enfin tombées en place? Voici mes trois constats sur l’Impact.

1) L’organisation défensive était excellente
Certes, le but inscrit par Piatti tôt en première mi-temps a beaucoup aidé en permettant à l’Impact de se replier plus profondément tôt dans le match. Peut-être un peu trop profondément, même, parfois. Ainsi, on a vu à quelques reprises en première mi-temps le flanc gauche de l’Impact reculer tellement profondément que le latéral droit de Chicago, Kappelhof, avait tout le loisir de monter balle au pied jusqu’à 35 m du but de Bush. Heureusement, il n’arrivait pas à aller plus loin et devait la plupart du temps remettre dans l’axe à Dax McCarty qui avait très peu de solutions. Bref, c’était exactement la même poutine qu’à Philadelphie où on laissait presque exclusivement le deuxième tiers du terrain à l’adversaire. Tout comme Medunjanin n’avait pas d’options de passe samedi dernier, McCarty n’en avait pas plus ce mercredi. Par contre, le Fire n’est pas l’Union. Les hommes en rouge ont su accélérer le rythme et le jeu rapide en une touche de balle a permis à Chicago de se créer quelques espaces, notamment au profit d’Accam qui n’a cependant pas su trouver la faille dans la muraille montréalaise. Et en guise de cerise sur le gâteau, les hésitations sur les phases arrêtées qu’on avait pu constater à Philadelphie avaient disparu… bien que Chicago soit loin d’être une menace dans ce département. Solide performance défensive, donc, pour un second match de suite.

2) Ça commence à ressembler à 2016
Lors de mon bilan de la saison 2016, j’écrivais ceci : « De toute évidence, l’entraîneur-chef montréalais aura appris qu’il est inutile de refuser de voir les évidences. » J’avais tort. Mauro Biello, à peu de choses près, a suivi le même parcours qu’en 2016 : essayer pendant des mois toutes sortes de choses qui ne cadrent pas avec son effectif avant de revenir à la base, à la recette qui marche le mieux pour l’Impact. Les résultats sont évidents : tant à Philadelphie que contre Chicago, on n’a pas cherché à faire le jeu, on a monté un bloc compact et solide devant Evan Bush et on a laissé les Piatti, Dzemaili, Bernier et autres collègues exploser en reconversion rapide en exploitant les espaces. 0-3, 3-0. On ne demande pas à un boxeur de faire de la lutte gréco-romaine ni à un patineur de vitesse de faire du patinage artistique. On ne devrait pas demander à l’Impact de Montréal de jouer un jeu de possession. C’était déjà le cas en 2016, et comme les ingrédients n’avaient pour ainsi dire pas changé en 2017 (volontairement en plus), il était inutile de tenter de modifier la recette.

3) Piette confirme ses bonnes dispositions
Je dois le reconnaître bien humblement, j’étais un de ceux qui n’étaient pas certains que Samuel Piette avait l’étoffe d’un titulaire en Major League Soccer. Après deux matchs, il m’a convaincu. Non seulement il a clairement le niveau requis, mais il améliore nettement certains points cruciaux dans le jeu de l’Impact, notamment la verticalité. C’est bien simple, avec Piette dans l’effectif, le nombre de passes en retrait, souvent vers Bush, a largement décru. C’est parce qu’il aime jouer vers l’avant, dans l’axe plutôt que sur les ailes, et cela ajoute encore plus de punch à l’impressionnante machine qu’est l’Impact en contre-attaque. En ce moment, l’Impact en version « on vous attend et on finira par vous avoir » peut battre n’importe qui dans la ligue. À preuve, il aura fallu 38 minutes pour complètement déglinguer Basti and the Fire, pourtant troisième meilleure équipe du championnat à l’heure actuelle. Mais je m’égare. Samuel, je m’excuse d’avoir douté de tes compétences. Mais si tu lis ceci, pourrais-tu faire attention à l’arbitrage? Tes assauts répétés, parfois en retard, sur McCarty auraient bien pu te valoir une plus sévère réprimande de la part d’un arbitre un peu moins tolérant que Monsieur Saghafi. Tu ne le sais peut-être pas, mais nous oui (et Patrice te le confirmera) : ils sont nombreux, sur ce continent, les arbitres qui donnent des cartons rouges pour rien.

Bref, le Fire est arrivé, l’Impact l’a éteint rapidement, signant du même coup une troisième victoire consécutive en championnat, chose qui n’était pas arrivée depuis les trois derniers matchs de 2015. En fait, l’Impact l’avait fait deux fois lors des huit derniers matchs de 2015. Effet Drogba? Sans nul doute. Pour retrouver pareille séquence hors Drogba, il faut remonter à… 2013 et Schällibaum, lors des matchs 10, 11 et 12 de la saison.

Le plutôt mauvais Real Salt Lake se pointe au stade Saputo samedi. Cela représentera l’occasion d’aligner une quatrième victoire de suite, une première depuis les quatre premiers matchs de 2013 sous les ordres de « Schälli ». Mais attention : les voyageurs venus du Grand Lac Salé n’ont pas perdu depuis le 30 juin…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer