Montréal-Salt Lake : Trois constats sur l’Impact

Il y a des jours où ça va et où on survole un adversaire pourtant redoutable. Et il y a des jours où ça va moins bien, mais où l’adversaire du jour, moins redoutable, vous offre le bâton avec lequel le frapper. L’Impact a gagné, grâce notamment à des réservistes de moins en moins réservistes, mais Salt Lake a surtout perdu. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Grand Lac Salé ou Grand Canyon?
On le sait, les États du sud-ouest des États-Unis comme l’Utah ou l’Arizona sont prisés par les amateurs de plein air. Ainsi, il n’est donc pas surprenant que les joueurs de Salt Lake soient eux aussi férus de grands espaces. La défense et le milieu de terrain du Real ont carrément évacué le stade Saputo tôt dans le match pour laisser toute la place aux Piatti, Dzemaili, Louis, Anthony et… Salazar (vraiment aucun moyen de terminer la rime en i, désolé). D’ailleurs, cela nous aura permis de constater que Béland-Goyette sait bien lire les espaces (bon d’accord, ceux-ci étaient tellement gigantesques que c’était difficile de ne pas les voir) et, surtout, de s’y engouffrer, un peu comme son partenaire du jour, Dzemaili. Ainsi, grâce au Grand Canyon creusé par les visiteurs du jour, l’Impact pouvait décupler sa force de percussion devant (et souvent derrière) une défense qui semblait avoir perdu ses repères.

2) La défense a peiné
Si lors des deux victoires précédentes on sentait la défense au diapason, cette fois, contre Salt Lake, on a eu droit à une prestation bien plus difficile. Certes, Camara n’avait pas joué depuis un moment et Fisher revenait à son poste avec la pression de faire bien en raison de bonnes notes obtenues par Cabrera récemment. De fait, on sentait les deux un peu fébriles. Souvent, Camara ne cessait de reculer sans jamais sembler vouloir intervenir, tandis que Fisher était bien moins entreprenant que ce à quoi il nous a habitués depuis le début de la saison. Ajoutons à ça un match sous la moyenne pour Ciman, dont les passes approximatives ont causé beaucoup de problèmes, surtout en première mi-temps. Par contre, l’improbable Daniel Lovitz, lui, continue sur sa lancée et était, sans aucun doute, le meilleur défenseur montréalais sur le terrain samedi, voire un des meilleurs joueurs montréalais tout court. Même après sa mutation à droite à la suite de la montée de Francis, le latéral américain a multiplié les bonnes interventions. Au final, ce match aurait dû être beaucoup plus facile avec une défense plus alerte. La fatigue aura probablement joué un rôle dans ce relâchement. Mais attention! Contre Toronto, ça ne tiendra pas.

3) Tout le monde contribue
Ce match aura permis de confirmer la tendance : tout le monde dans l’équipe contribue. Hormis Mancosu et Oduro, toujours en recherche d’un sens à la vie, chaque joueur titularisé ou appelé en relève contribue aux succès actuels de l’équipe. Certes, Hassoun Camara a connu quelques difficultés, ou plutôt des hésitations, mais il n’a pas fait pour autant un mauvais match. Louis Béland-Goyette, lui, a connu un match référence, qui lui permet de s’établir comme doublure officielle de Patrice Bernier. Jackson-Hamel marque un but toutes les 84 minutes, toutes compétitions confondues, et un but toutes les 80 minutes en MLS. Rien à ajouter là-dessus. Dans l’axe de la défense, c’est solide avec Fisher et Cabrera qui soutiennent Ciman. Il reste du travail à faire du côté des latéraux, mais ça va se placer. Bref, contrairement à 2016, où l’Impact est arrivé en séries avec un solide onze de départ, mais des réservistes qui n’avaient presque pas touché au ballon, cette année, on semble avoir compris que si ça se complique en séries, il faudra compter sur des couteaux un peu plus aiguisés pour découper son adversaire.

Parce que oui, pour la première fois depuis longtemps, on peut logiquement parler de séries pour l’Impact. Le bleu-blanc-noir, fort de ses quatre victoires consécutives, s’est catapulté au-dessus de la ligne rouge en criant bonjour. Bonjour à tous, donc, Montréal est de retour parmi les équipes avec lesquelles il faudra composer d’ici la fin de la saison régulière… et probablement même après. Et il n’y aurait pas de plus belle manière d’ajouter un point d’exclamation à ce bonjour qu’en battant Toronto au stade Saputo dimanche prochain…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer