Montréal-Chicago : Trois constats sur l’Impact

Les matchs contre Chicago se suivent, mais ne se ressemblent pas. On était loin du 3-0 contre ces mêmes visiteurs survenu à peine une quinzaine de jours auparavant. Celui-ci était foncièrement mauvais. Voici mes trois constats sur ce match.

1) C’était pas bon
Franchement, j’ai rarement eu autant envie d’arrêter de regarder un match après une mi-temps. Et pour ne pas aider, sachant que le Canada jouait en même temps, ça donnait franchement envie d’aller voir ailleurs. Sur le terrain, deux équipes fantomatiques qui ne semblaient pas vouloir être là, une absence totale de cohésion dans un clan comme dans l’autre et un jeu pauvre, sans aucune imagination. Bref, un beau gros match pourri qui s’est poursuivi sur le même rythme en seconde période, hormis l’une ou l’autre poussée un tant soit peu cohérente des visiteurs. Bref, si quelqu’un avait par inadvertance avalé un morceau de ce match, il aurait probablement la diarrhée pendant une semaine.

2) Ça manquait cruellement de verticalité
En regardant ce match, on ne pouvait que constater une chose : l’absence de Samuel Piette. Autant le milieu québécois a fait du bien dans l’énergie déployée en récupération autant son jeu direct vers l’avant est un atout gigantesque pour dynamiser l’attaque. Samedi, face à Chicago, on a vu un Impact tergiverser, en jouant très peu vers l’avant, comme il le faisait avant l’arrivée de Piette; passe à gauche, passe à droite, passe en retrait, passe à droite, passe en retrait, passe à gauche, passe à Piatti. Ad nauseam. Le schéma de distribution l’illustre parfaitement : l’Impact a joué dans sa moitié de terrain pendant toute la première mi-temps, à la recherche de Piatti. Les choses se sont un tantinet améliorées en seconde mi-temps, mais uniquement à cause de l’urgence d’égaliser. Aucune tactique, aucun fond de jeu, aucune créativité, aucune explosivité. Soporifique.

3) C’était jaune, mais c’était rouge aussi
Deian Boldor aura connu un début mémorable sous le maillot de l’Impact. D’une part, il aura été le seul joueur à forcer Bush a faire un arrêt durant la soirée. D’autre part, évidemment, il y a ce carton jaune, puis rouge, qui fait jaser. Le carton jaune était mérité. Le rouge l’était tout autant. C’est un de ces cas où la situation mérite un carton orange, comme on dit, mais à la reprise, on constate que les crampons sont portés haut et vers l’avant. Et pour ceux et celles qui prétendent qu’il n’y a pas eu de contact, permettez-moi de vous poser une question? S’il ne touche pas à Schweinsteiger, pourquoi Boldor s’empresse-t-il de s’excuser auprès de son adversaire? Parce qu’il lui a fait peur en arrivant trop vite? Parce qu’il a déplacé trop de vent autour de lui? Allez, soyons bons joueurs : Boldor a cramponné Basti. Le rouge est correct.

Pour le reste, c’est le manque de combativité de l’Impact qui fait peur. Rares étaient les fois où on voyait un homme en bleu lutter pour un deuxième ballon, faire le deuxième effort pour se sortir d’une impasse (hormis évidemment les as dans cette pratique, soit Piatti et Bernier) ou faire autre chose qu’une passe latérale ou en retrait. Comme si certains étaient convaincus d’avance que la défaite était acceptable, puisque plusieurs cadres étaient partis en sélection. Et puis il y avait ces changements qui tardaient à venir, même si Romero semblait s’être fait amputer d’une jambe pendant son absence, que Béland-Goyette était transparent et que Mancosu… ah oui, c’est vrai, Jackson était parti marquer et fabriquer des buts pour le Canada de toute façon, donc pas le choix de faire jouer le réserviste dans ce cas.

Déplacement périlleux à Foxborough, contre le Revolution qui n’a pas dit son dernier mot. Heureusement, c’est un stade qui sied généralement bien à l’Impact…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer