New England-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Pas mauvais, mais nettement insuffisant. L’Impact s’avoue vaincu en Nouvelle-Angleterre et voit les séries s’éloigner un petit peu plus. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Le schéma tactique n’était pas si mal choisi
Je dois bien l’avouer, je craignais le pire en voyant la composition choisie par Mauro Biello. Le système à cinq défenseurs n’avait pas souri à l’Impact plus tôt cette saison et la titularisation de Francis dans l’axe (forcée par le retrait de Camara) laissait perplexe. Force est de constater que l’Impact a bien défendu et a laissé somme toute très peu d’espace à son adversaire, et surtout à Kei Kamara, qui prend généralement un malin plaisir à marquer contre Montréal. Sauf que…

2) Le schéma tactique était plutôt mal choisi
Oui, je contredis mon premier constat. Mais ça s’explique. En choisissant le 3-5-2, Biello choisissait aussi une approche offensive, dans laquelle son équipe devrait faire ce qu’elle fait le moins bien, ou plutôt ce qu’elle ne sait pas faire : le jeu. Et donc, pour un second match de suite, l’Impact est arrivé au bout des 90 minutes avec deux petits tirs cadrés. Que Chicago arrive à Montréal en se disant qu’on ne l’y reprendrait plus à se faire démonter sur des contre-attaques et laisse le ballon à l’Impact passe encore. Qu’on choisisse consciemment de prendre le ballon et de (tenter de) faire le jeu quand on a prouvé à maintes reprises depuis deux saisons qu’on est incapable de le faire, ça, ça génère toute une série de questions que je n’exposerai point ici…

3) Il manquait un rouage crucial dans le schéma
Par contre, il y a une question que je me dois de poser : comment peut-on prétendre jouer un 3-5-2, ce qui implique la possession de balle et la construction offensive, en laissant de côté son meilleur milieu axial dans la temporisation et la transition offensive? D’ailleurs, juste avant de faire monter Patrice Bernier au jeu après la mi-temps, Biello disait au micro de TVA Sports qu’il s’attendait de Bernier à ce qu’il permette de garder plus la possession du ballon, de faire monter le bloc et de mieux intégrer les latéraux. Bah oui. Mais ça, c’était évident AVANT le match. J’ose croire qu’il n’était pas à 100% et qu’on a préféré le ménager. Dans le cas contraire, cette décision est simplement irréfléchie.
Bref, l’Impact a bien défendu, mais l’Impact n’a rien produit offensivement. En choisissant de faire le jeu et en se privant de Bernier, il ne s’est simplement pas donné les moyens de gagner ce match. Comme le disait Ciman après la défaite : « On méritait le match nul. » Pas faux. Mais un match nul, dans le contexte, c’était insuffisant. De toute manière, le match qu’il fallait gagner, c’était celui contre Chicago la semaine précédente…

Suite de l’histoire contre Minnesota, l’autre club d’expansion, au stade Saputo samedi prochain. Une erreur signifierait fort probablement la fin du parcours pour l’équipe de Mauro Biello, qui doit déjà espérer l’effondrement d’Atlanta, de New York ou de Columbus pour espérer être des festivités d’après-saison.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer