Montréal-Minnesota : Trois constats sur l’Impact

Aïe. Le président Saputo réagit uniquement quand ça va vraiment mal. Minnesota a travaillé fort, est resté bien organisé et a piqué par trois fois. Les séries? C’est quoi ça? Voici mes trois constats sur ce match.

1) Minnesota a « impacté » l’Impact
Maintenant, l’Impact sait ce que ça fait de se jouer contre lui-même. On a vu dès l’entame du match un adversaire très bien organisé, qui se contentait de rester bien groupé et de suivre les mouvements. Si bien qu’après une minute de jeu seulement, l’Impact tentait déjà un long ballon vers Salazar… Mais c’est surtout en seconde mi-temps que l’Impact s’est fait prendre à son propre jeu quand Minnesota a subi une énorme pression plus ou moins fertile pour ensuite profiter d’un contre pour casser les reins de son agresseur. On se serait cru en Ligue des champions, mais avec les rôles inversés.

2) Bush, ça suffit
Je vous ai parlé en long et en large d’Evan Bush depuis la renaissance de ce blogue en mai 2016. Je vous ai parlé de ses bons coups, mais surtout, malheureusement, de ses mauvais coups. Après un début de saison encourageant ponctué de quelques améliorations, Evan Bush a régressé sous son niveau de 2016, qui était déjà insuffisant pour la MLS. Samedi, Bush a encore livré une phase de jeu tragique (j’aurais habituellement dit tragicomique, mais il n’y a vraiment plus matière à rigoler) sur le second but de Minnesota. Je vous décortiquerais bien la séquence, mais au fond, je n’aurais rien à dire tellement la séquence est incompréhensible venant d’un gardien de ce niveau. Ou d’un gardien tout court, en fait. Là, on est carrément au niveau du gars qui remplace le gardien qui n’a pas pu venir au match dans la ligue récréative du dimanche parce que sa femme a accouché de son deuxième enfant. Et même, je ne suis pas si sûr… Mais parlons plutôt du troisième but. Parce que sous ses allures de fusée impossible à stopper se cache une erreur de base récurrente chez le gardien américain (parce que, oui, ça arrive presque à chaque match, mais pas toujours avec de fâcheuses conséquences fort heureusement) : Bush se déplace latéralement APRÈS le tir, avant d’amorcer son plongeon. Cette fois, il fait un pas, fatal, vers la gauche après que le ballon ait quitté le pied de Danladi. Dès lors, c’est fini. Sans ce pas, le tir est relativement facile à dévier. Avec ce pas s’enchaîne plutôt  une séquence catastrophique qui aboutit à un constat évident : l’Impact ne fera pas les séries. Bush coûte des points, de plus en plus de points, et beaucoup plus qu’il n’en fait gagner. On dirait presque que le personnel technique a complètement délaissé le poste de gardien de but dans ses analyses et ses évaluations. Bush possède un totem d’immunité aussi incompréhensible que néfaste. Il faut que ça cesse.

3) Jackson, Mancosu, même combat
Nombreux étaient ceux, dont moi, qui décriaient l’incapacité de Mancosu ces dernières semaines et réclamaient la titularisation de Jackson-Hamel. Deux matchs plus tard, force est de constater que peu importe l’attaquant, le résultat est le même : il est très mal servi. En fait, une comparaison rapide permet de constater que Jackson a effectué un total de deux tirs non cadrés lors de ses deux derniers matchs. Mancosu, lui, n’a guère fait mieux, avec trois tirs non cadrés en deux matchs. Si vous avez bien compté, c’est un total de cinq tirs (!) non cadrés (!!) en quatre matchs pour les attaquants de l’Impact de Montréal. Ce n’est pas normal. Encore moins en pleine course aux séries. Encore moins quand deux de ces matchs ont lieu contre des défenses prenables comme celles de New England et de Minnesota. C’est un signe évident que le jeu collectif, que tout ce qui se passe derrière eux, est faible, voire malade, pour ne pas dire en phase terminale. Bref, c’est le néant total dans la construction, dans le projet de jeu, dans la tactique, dans la complémentarité entre les joueurs. Et ça, ce n’est pas de la faute d’un Mancosu un peu trop grassement payé…

« Bien que cette saison ait été éprouvante à plusieurs niveaux, nous vous demandons d’être patients. » Ces mots sont ceux communiqués par Joey Saputo après cette difficile défaite. Le président fait surtout référence au plan de cinq ans mis de l’avant plus tôt cette saison. Il convient de souligner que rendu à la fin septembre, avec somme toute peu de chances de voir l’Impact en séries, ce plan de cinq ans est en fin de compte devenu un plan de quatre ans. Et quatre ans, ça passe vite. Très vite. Il y a quatre ans, l’Impact était en plein cœur d’une spectaculaire dégringolade qu’il convient d’appeler le toboggan Schällibaum, et de laquelle le club peine encore à se remettre. Malgré quelques succès éphémères, les saisons 2014, 2015, 2016 et 2017 n’étaient pas les plus éclatantes sur le terrain en MLS. Durant cette période, l’absence de fond jeu et la désorganisation défensive (hormis peut-être en 2015 pour ce dernier point) étaient des constantes pour le bleu-blanc-noir. Cela nous mène donc à une question fondamentale : les fondations actuelles sont-elles suffisamment saines pour que l’on bâtisse dessus pendant les cinq quatre prochaines années?

Bref, on amorce le plan de quatre ans ce mercredi à Toronto, face à l’équipe qui a de toute évidence mené à bien son plan directeur. Toronto au plus haut, Montréal au plus bas. Il y a matière à réflexion.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer