Toronto-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Alors qu’on le croyait mort et presque enterré, l’Impact sort un lapin de son chapeau et livre une performance aussi étrange qu’inattendue en terre torontoise. Du jamais vu. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Le 3-5-2 commence à porter ses fruits
Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est avec le schéma le moins efficace jusqu’à présent que l’Impact est allé marquer cinq buts à Toronto. Quand on connaît la fiche de l’Impact à Toronto, on sait qu’une victoire de Montréal au BMO Field, c’est un exploit. Alors en marquant cinq buts, contre un TFC invaincu à domicile cette saison, ça relève presque du miracle… Comment peut-on l’expliquer? Les aboiements de dimanche dans le vestiaire ont probablement contribué un peu à réveiller tout le monde, mais la chose qui a radicalement amélioré les chances des Montréalais est somme toute assez simple. Si l’on compare avec le récent match joué avec le même schéma chez les Revs, la grande différence se trouve au niveau de l’énergie et du mouvement déployés en possession de balle, éléments essentiels à la réussite d’un tel schéma. À Foxborough, l’Impact était totalement amorphe avec le ballon. À Toronto, tout le monde était en mouvement, les appels se multipliaient, les dédoublements sur les ailes aussi. Bref, malgré une possession de balle réduite (environ 35% à Toronto comparativement à près de 54 % à Foxborough), c’était beaucoup plus simple pour l’Impact de jouer à Toronto que ce ne l’était contre les Revs. Par contre, en défense, ça a nettement moins bien été…

2) L’envie était là
Je ne suis pas de ceux qui prétendent que tout était foncièrement mauvais contre Minnesota. Mais force est de constater que l’envie était bien plus évidente mercredi à Toronto. Pour une rare fois, on a vu l’Impact arriver sur le terrain du BMO Field en voulant démonter son adversaire, plutôt qu’en espérant survivre au premier quart d’heure. Certes, en l’absence des trois ténors offensifs des Reds, les Montréalais sentaient qu’il y avait un coup à jouer. Mais combien de fois l’Impact s’est-il présenté au BMO avec l’impression d’avoir un coup à jouer pour ensuite s’effondrer lamentablement? Cette fois, c’était différent, et le but chanceux de Nacho Piatti a semblé confirmer que cette fois, la bonne étoile était du côté des hommes en bleu. Du moins, ça, c’était pour la première mi-temps…

3) L’Impact ne sait pas « parker le bus »
Ce n’est pas la première fois qu’on le constate cette année, mais l’Impact est totalement incapable de protéger efficacement une avance. À 1-5, le match était techniquement plié. Mais soudainement, c’est devenu une folle aventure pour la troupe de Biello. Le vieux spectre des balles aériennes dans la surface a ressurgi, certes, mais aussi cette bonne vieille manie de défendre trop bas, ce qui créait un trou entre la défense et le trio Dzemaili, Oduro et Piatti aux aguets pour partir en contre. Sans hésiter, les Torontois se sont engouffrés dans l’espace ainsi créé et ont assiégé la surface montréalaise, le tout facilité par des milieux défensifs trop passifs et des éléments offensifs trop… spectateurs. L’envie a commencé à se transformer en crainte et franchement, je crois que si le match avait duré 10 minutes de plus, l’Impact aurait fini par casser…

Attention de ne pas s’emballer donc. En gagnant à Toronto, l’Impact a simplement rétabli l’ordre logique des choses : c’est comme s’il avait battu Minnesota à domicile et perdu à Toronto. Cette victoire amène son lot d’éléments positifs : être la seule équipe à battre le TFC à Toronto cette saison, le réveil soudain de Piatti après une sieste de trois matchs, mais aussi les deux buts de Jackson, qui le remettront certainement en confiance après deux matchs difficiles. Par contre, il compte aussi son lot d’éléments négatifs : les difficultés à défendre efficacement les balles aériennes dans la surface, la fin de match inutilement compliquée et le retour de Bernadello, toujours aussi tragiquement inefficace dans tous les aspects du jeu.

La suite est intrigante. Les chances de qualification pour les séries sont maigres, mais elles existent. L’Impact se situe à trois points des Red Bulls et à cinq points du Crew. Les New Yorkais ont un match en main sur Montréal, tandis que l’Impact a un match en main sur Columbus. Et pour rendre ça plus intéressant encore, Columbus accueille New York ce week-end. Quelle cible viser? Peu importe, il faut avant tout gagner. Direction Atlanta, pour affronter la machine rouge et noir qui vient de marquer 17 buts en quatre matchs dans son nouveau domicile. Je vous parie un vieux deux qu’on reverra le 3-5-2…

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer