Montréal-New York City FC : Trois constats sur l’Impact

Un match difficile pour l’Impact, qu’il n’aurait jamais pu gagner même s’il avait duré trois jours. Une énième performance à plat offensivement pour un club qui s’enlise et voit le mirage des séries s’estomper de plus en plus. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Il y a eu une grossière erreur de casting
Biello est une fois de plus arrivé en proposant un 3-5-2, un vrai cette fois, si bien qu’on avait même pris soin d’annoncer Camara et Francis parmi les milieux lors de l’annonce de l’alignement au stade avant le match. Hors, un 3-5-2 dans sa plus pure forme suppose qu’on vise un bon équilibre et surtout à contrôler le milieu de terrain le plus possible. Et pour ce faire, il faut donc s’assurer de deux choses : 1) être capable de conserver le ballon en temporisant et en assurant une bonne circulation de balle, un peu comme le fait Patrice Bernier, et 2) être en mesure de récupérer rapidement le ballon lorsqu’on le perd, en réagissant rapidement pour contrer les mouvements de l’adversaire, une spécialité de Samuel Piette. Or, ces deux joueurs avaient été laissés sur le banc. À leur place, on leur a préféré Donadel et Bernardello, deux joueurs d’ordinaire dépassés par les événements quand la cadence accélère et qui plus est hors rythme, n’ayant pas accumulé énormément de minutes ces dernières semaines, surtout pour Bernardello. Ajoutons à cela Francis, qui a vu très peu d’action cette saison et Camara, lui aussi en difficulté quand ça joue vite, sans compter un Dzemaili complètement vidé pour compléter le quintette. Le tout contre une équipe réputée pour son explosivité. Résultat des courses? Une première mi-temps horrible devant un Moralez et un Harrison absolument intenables et 37 % de possession de balle.

2) L’Impact était à plat
Au-delà des erreurs de casting qui ont mis l’Impact dans de mauvaises dispositions dès l’entame du match, on n’a jamais senti la volonté d’attaquer, de s’imposer physiquement, d’aller au duel, même après les ajustements apportés par Mauro Biello. À cette étape de la saison, et avec un quatrième match en onze jours, oui, la fatigue était un facteur. En ce sens, l’Impact n’aurait-il pas profité d’une meilleure gestion de l’effectif? Était-il nécessaire de faire jouer Dzemaili tout le temps, beau temps, mauvais temps, match après match? Était-il avisé de faire disparaître complètement Louis Béland-Goyette? D’écarter Bernardello? Sans nécessairement les titulariser, aurait-on pu leur donner des minutes plus régulièrement, à coup de 15, 20 voire 30 minutes de jeu?

3) L’Impact est inapte offensivement
Hormis les erreurs de casting et la gestion discutable de l’effectif, il reste qu’avec tout le monde en forme et à la bonne place, l’Impact demeure inapte offensivement autre qu’en transition rapide. Le bleu-blanc-noir est incapable de poser son jeu. Ça manque de cohésion, de mouvement, de suite dans les idées, et ce, depuis plusieurs années. Il n’y a pas de système, pas d’automatismes, rien d’autre que l’espoir que l’un ou l’autre joueur désigné fasse des étincelles. Dans la MLS de 2017, c’est trop maigre pour connaître du succès sur une longue durée. Contre New York City, dans une situation de lutte de tous les instants pour arracher une place en séries, à domicile par surcroît, on a vu l’Impact cadrer un premier tir dans les arrêts de jeu de la première mi-temps. Un tir de son défenseur central, Laurent Ciman. Au final, le Belge aura effectué deux des trois tirs cadrés par les Montréalais, le troisième revenant à Matteo Mancosu, monté au jeu en seconde mi-temps. C’est donc dire qu’un seul titulaire est parvenu à cadrer. Et c’était un défenseur central.

Heureusement, fort heureusement, à New York (celui du New Jersey), les Red Bulls sont parvenus à marquer dans leur propre but dans les arrêts de jeu pour laisser échapper deux points contre DC United. Le mirage des séries s’estompe donc, mais un peu moins que si les hommes de Jesse Marsch n’avaient pas flanché bêtement.

Direction Denver, ou plus précisément Commerce City, pour affronter les Rapids de Tim Howard samedi soir. Sans Dzemaili, suspendu.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer