Colorado-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Drôle de match au Colorado, qui n’avait pourtant rien de rigolo. L’Impact s’effondre alors que New York avait une autre fois entrouvert la porte. Voici mes trois constats sur ce match.

1) Piatti a été effacé par… l’Impact
Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est l’Impact qui est parvenu à limiter les assauts de son meilleur buteur au Colorado. Une fois l’expulsion de Watts pour son tacle dangereux sur Duvall, on sentait que l’Impact avait clairement un coup à jouer. On imaginait évidemment Piatti profiter de l’avantage numérique des siens pour s’engouffrer dans les espaces laissés par la disparition d’un des deux milieux défensifs des Rapids. Étrangement, il n’en fut rien. Non seulement l’Impact est énormément passé par la droite, mais quand il passait par l’autre flanc, c’était principalement Romero, décalé à gauche, qui recevait le ballon. La situation s’est améliorée un peu pour le numéro 10 en seconde mi-temps, quand Romero a commencé à s’étaler sur la largeur du terrain. Cependant, l’Impact avait déjà été réduit à 10 à son tour depuis belle lurette. Occasion manquée.

2) Mancosu a pris du mieux, Ciman a raté le coche
C’est sûrement trop peu trop tard, mais Matteo Mancosu semble s’être soudainement réveillé. La coqueluche italienne devenue mal aimée s’est enfin remise à s’impliquer dans la construction du jeu, à se rendre plus disponible, à créer du mouvement et des appels. Sa lourde frappe à saveur de but de la semaine a surpris un des meilleurs gardiens de la ligue sur les tirs à distance. On aurait aimé voir ça il y a un mois. Quant à lui, Ciman est passé à côté de son match. Le général de la défense montréalaise était complètement éteint sur les deux buts du Colorado. Tout d’abord, il laisse tomber sur le front d’Aigner un ballon aérien relativement facile à dégager et ensuite, il est complètement largué dans son positionnement pour contrer la course de Gordon. Deux phases de jeu étrangement mauvaises pour le Belge, qui est sans aucun doute capable de faire beaucoup mieux.

3) L’Impact était prédisposé à rater son coup
Le football est un sport qui se joue beaucoup dans la tête. En ce sens, l’ambiance qui règne autour de l’équipe depuis quelques matchs ne l’aide en rien. Que ce soit dans les rumeurs qui parlent du congédiement imminent du personnel technique et de l’ombre de Nesta, dans le discours des joueurs eux-mêmes qui semblent indiquer que certains ont abandonné, dans les commentaires des supporters qui demandent la tête de tout le monde ou dans les observations des représentants des médias, dont certains parlaient de « jouer pour l’honneur » au Colorado, tout semblait indiquer que l’Impact était déjà éliminé. Pour rappel, même après cette défaite minable au Colorado, l’Impact est toujours en vie. Certes, les chances étaient minces et sont désormais infimes, mais il aurait été surprenant de voir une équipe, quelle qu’elle soit, obtenir des résultats positifs dans une telle bulle de négativité.

Cette fin de saison illustre un mal qui ronge le club depuis un bon moment. Depuis trop longtemps, en fait. Tout ce qu’on a pu voir sur le terrain au Colorado, mais principalement cette absence de solidarité plutôt évidente et cette espèce de résignation, de ras-le-bol, même, chez certains, n’a rien à voir avec ce que l’Impact de Montréal est, ou plutôt, devrait être. Il est grand temps de se réapproprier cette identité qui a forgé les plus hauts faits d’armes du club depuis sa fondation, et qui avait été clairement établie et formulée par Marc Dos Santos lors de son passage à la tête de l’équipe en seconde division : tout pour gagner. Trois mots clairs, qui établissaient une mentalité, un état d’esprit, une identité. Trois mots qui illustraient une équipe qui ne faisait pas semblant, dans laquelle chacun mouillait le maillot et se battait pour ses coéquipiers, son club et sa ville. Trois mots qui ont été bafoués lors du passage en Major League Soccer, quand on les a malhabilement modifiés pour un inodore et incolore « Tous pour gagner ».

Suite du roman-savon à Toronto, le 15 octobre, après une pause internationale qui s’annonce mouvementée coin Sherbrooke/Viau.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer