Toronto-Montréal : Trois constats sur l’Impact

Il y a des matchs auxquels on se force de trouver une signification. Celui-ci était un de ceux-là. Voici mes trois constats, parce qu’il le faut bien.

1) On a vu le mauvais côté d’un système de séries
Deux équipes qui jouent pour rien. Une qui pense aux séries, l’autre qui pense aux vacances. Dans les deux cas, des joueurs pour qui une blessure serait mal venue. Et donc un engagement déficient, des joueurs qui marchent plus qu’ils ne courent, un spectacle relativement inintéressant. Et on s’y attendait. Alors, il fallait se forcer à trouver des prétextes pour rendre le match « intéressant ». Une victoire rouge pour un record de points en MLS, un dernier tour du capitaine Bernier au BMO Field, la sacrée « rivalité »… N’importe quoi pour focaliser l’attention du spectateur sur un spectacle qui n’en valait simplement pas la peine.

2) On ne pouvait pas vraiment parler de derby, de classico ou de rivalité
Si certains croient dur comme fer à ces « derbys » âprement disputés entre les deux clans, force est de constater que sur le terrain, si c’est souvent un peu plus engagé que contre d’autres adversaires, ce n’est pas tout à fait la guerre non plus. Et ce match n’a fait que confirmer que cette « rivalité », on l’anticipe plus qu’elle n’existe. On la veut, on l’imagine. Elle montre parfois le bout de son nez aussi, il faut le dire. Mais dans l’ensemble, elle est largement amplifiée. L’animosité qui anime un réel classico n’existe pas (encore) entre Montréal et Toronto. Certes, les principaux concernés nous répètent à chaque occasion qu’un match contre Toronto, « c’est toujours spécial ». Spécial, certes. Mais en ce dimanche venteux à Toronto, jamais on a vu l’un ou l’autre des belligérants afficher une réelle envie de gagner. Tout le monde jouait à moitié. Quelles que soient les circonstances, qu’on joue pour le titre ou pour rien, dans un classico, tu dois travailler très dur pour obtenir les trois points. Et si tu tombes au combat, tu auras vendu ta peau très chèrement. Personne ne s’est battu, dimanche à Toronto. Personne n’a souffert. Personne n’a lutté. Ce n’est pas ça, un classico.

3) Mancosu est complètement perdu
Personne ne doit avoir plus hâte aux vacances que Matteo Mancosu, qui a complètement perdu le sens du but depuis un certain temps. Dimanche à Toronto, l’Italien a galvaudé deux camions pleins d’occasions. Il était si inefficace que même le gardien adverse n’en revenait pas de ne pas avoir accordé de but. On parlera encore de son imposant salaire, mais même à une fraction du prix, un attaquant doit mettre au minimum un de ces ballons au fond du but. On espère que les vacances seront bénéfiques pour l’attaquant italien et qu’il retrouvera ses repères en 2018. Peut-être que l’arrivée anticipée d’un nouvel entraîneur, et possiblement d’un nouveau système de jeu, lui profitera.

Triste spectacle à Toronto donc. Il convient désormais de faire table rase de tout ce qu’a été la saison 2017 pour laisser place aux célébrations, aux adieux qu’on espère gigantesques, tant sur le terrain que dans les tribunes, pour souligner la carrière d’un grand joueur de chez nous. Que cette semaine soit celle de Patrice Bernier et de personne d’autre.

Eric Chenoix
@EricVking
@capitainesoccer